
Les limites du fédéralisme
Entre les villes de Lausanne et de Fribourg, il y a 51 kilomètres à vol d’oiseau. La première est vaudoise, la deuxième fribourgeoise. Or, c’est précisément à cause de cette frontière cantonale qu’une famille de même condition moyenne va payer 676 fr. par mois pour placer (trois jours par semaine) ses enfants en bas âge dans une crèche publique à Lausanne, et 1152 fr. à Fribourg (lire pages 22 et 23).
Autre exemple: l’impôt à la source – qui peut également intéresser les Suisses désirant prendre leur retraite à l’étranger – pour le retrait d’un capital de prévoyance professionnelle (2e pilier) de 500 000 fr., se montera à 39 930 fr. à Genève, mais 63 205 fr. à Lausanne (lire page 25).
Ces disparités cantonales sont choquantes. Tout comme le sont les différences de primes de l’assurance maladie obligatoire, avec des prestations pourtant identiques dans toute la Suisse: 257 fr. en moyenne à Appenzell contre 452 fr. à Bâle.
Les experts capables d’expliquer ces différences ne manquent pas, et leurs arguments ne peuvent être écartés d’un revers de la main. Mais personne – et pour cause – n’est arrivé, à ce jour, à trouver des raisons suffisantes pour justifier de telles amplitudes. C’est simple: le fédéralisme a juste atteint ses limites.
Christian Chevrolet

