
Le débit d’un surf sur laptop en Suisse romande
Tout Compte Fait a testé les offres d’internet mobile des opérateurs dans sept cantons et quatorze lieux. Pas de classement, mais Swisscom a une longueur d’avance.
Surfer sur la toile tout en se déplaçant partout avec son ordinateur portable, la promesse est alléchante. Les trois opérateurs que sont Orange, Sunrise et Swisscom proposent en effet des clés USB, qu’il suffit de brancher sur son laptop pour, ensuite, être connecté à internet via les réseaux de téléphonie mobile. Mais le surf «rapide» promis l’est-il vraiment?
Pour le savoir, nous avons mesuré le débit et le temps de latence, résumés dans un indice de performance internet (IPI), dans deux lieux de chaque canton romand (voir tableau). Nous avons également chronométré le temps d’affichage d’un site étalon (lire Les entrailles du test).
Swisscom mieux que Sunrise et Orange
Résultat des courses, pour un lieu donné, il y a d’importantes variations entre les opérateurs. Ces différences sont dues à la nature du réseau capté, qui peut être du HSPA, de l’UMTS, de l’EDGE ou du GPRS (voir Lexique).
- Orange a le moins bon IPI de nos essais dans neuf cas sur douze, notamment à cause du GPRS, rencontré de manière exclusive par six fois. L’opérateur, qui se justifie en disant, entre autres, qu’il n’est pas équipé en EDGE, fait toutefois mieux que Sunrise à Bulle, Boudry, Arbaz, Saint-Léonard et Vevey. Dans ces trois derniers lieux, Orange est également plus performant que Swisscom. Il détient cependant, dans les cas où un réseau a été capté, le triste record du chargement le plus long du site témoin (5 min 32 s à Broc).
- Sunrise n’a jamais recouru au GPRS ou connu de problèmes majeurs de réseau, contrairement à Orange ou Swisscom. Son IPI ne dépasse toutefois celui de ses concurrents que dans deux lieux (Courtelary et Cossonay). Sunrise est néanmoins plus performant qu’Orange dans neuf lieux, ce qui est «acceptable» à ses yeux. Les temps de chargement de la page témoin sont respectables: jamais plus de 50 secondes en moyenne.
- Swisscom a le meilleur IPI que les autres dans neuf cas sur douze. Ce bon résultat n’exclut pas que la clé de l’opérateur historique n’a capté aucun réseau dans deux lieux (Saint-Léonard et Vevey). Etonnés de ce fait, nous l’avons signalé à Swisscom. Celui-ci a alors installé sur notre ordinateur une version plus récente du logiciel d’exploitation de la clé, sans qu’il nous soit possible d’affirmer que cela ait changé la donne de manière significative.
Vade retro GPRS
On le voit, le surf est loin d’être systématiquement rapide. En GPRS, il est même terriblement lent! Itou lorsque la qualité du signal en EDGE, qu’on retrouve souvent avec Sunrise, est médiocre.
Mais un bon réseau n’est pas non plus forcément la garantie d’une bonne connexion. Nous avons ainsi noté d’énormes différences d’intensité de signal pour le HSPA: pour l’une des trois mesures, le débit descendant était, à Bulle, de 463 Kbits/s (Orange) et de 3533 Kbits/s à La Chaux-de-Fonds (Swisscom).
Le lieu est également source d’ennuis. Qu’on se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur d’une habitation peut affecter significativement la connexion. A Courtelary, le signal de Swisscom était ainsi bon au grand air (HSPA), mais laissait à désirer quelques mètres plus loin à l’intérieur, où les mesures ont été effectuées. Un technicien de réseau nous a d’ailleurs affirmé que, entre quatre murs, le signal pouvait être en général entre 30 à 50% inférieur.
Garder son ADSL
Moralité, au vu des caprices des réseaux, une telle clé ne remplacera jamais l’ADSL, même si elle peut être utile dans un train, où elle dépannera l’internaute, parfois au prix de coupures de signal.
Pour rester mobile, on utilisera de préférence un téléphone portable 3G pour connecter son laptop à la toile. Selon un technicien, ces clés ont en effet une capacité de réception inférieure de 10% à 30% à celle de ces téléphones…
Nicolas Zeitoun
Pour télécharger le tableau comparatif de l'internet mobile, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.
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Lexique des quatre technologies
Les trois opérateurs utilisent les mêmes technologies pour leur réseau.
- Le HSPA, qui regroupe les normes HSDPA et HSUPA (HSDPA légèrement amélioré), promet en général un débit théorique maximum descendant/montant de 7,2/1,4 Mbits/s. Cela permet de surfer rapidement sur internet. On parle de 3e génération améliorée (3,5G ou 3G+), puisque les normes HSDPA et HSUPA sont des «super-UMTS».
- L’UMTS (ou WCDMA) est une technologie plus ancienne que le HSPA, mais dont on dit qu’elle a initié la troisième génération (d’où 3G). Les débits maximaux sont de 384/384 Kbits/s, selon Swisscom.
- L’EDGE est un peu moins rapide que l’UMTS, soit 236/236 Kbits/s. On parle de technologie 2,75G.
- Le GPRS est à mi-chemin entre le GSM (2G) et la 3G, soit 2,5G. Les débits sont de 56 Kbits/s.
Les entrailles du test
Les données du tableau ont été obtenues en utilisant le même ordinateur (MSI N011) et la même version du navigateur Firefox. Le choix des lieux a volontairement été fait en dehors des chefs-lieux cantonaux. Les mesures ont été faites soit à l’intérieur, soit à l’extérieur, dans un endroit fixe, à différentes heures de la journée.
- Débit: trois mesures du débit montant et descendant, effectuées toutes les deux minutes environ (quand cela a été possible) avec l’application en ligne Speedzilla. Les valeurs du tableau sont la moyenne de ces trois mesures.
- Indice de performance ou IPI: résultat des calculs de Speedzilla. Cet indice reflète la qualité du débit ainsi que le temps de latence, ce dernier correspondant au délai entre l’envoi d’une requête et la réponse du serveur.
- Temps du chargement d’un site: obtenu à l’aide d’un module (Firebug) intégré dans Firefox. Trois mesures ont été effectuées toutes les minutes environ, quand cela a été possible. Les chiffres du tableau indiquent une moyenne. Ils tiennent compte du fait que le navigateur enregistre une partie des informations dans son «cache» au premier passage.

