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Des blancs (bien) faits pour l’été

Les vins blancs étrangers colonisent les rayons des supermarchés. En voilà une sélection «pour l’été». Avec d’agréables surprises, toutes du millésime 2008.

Si la Suisse fut un bastion du vin blanc, c’est à cause des barrières douanières, tombées à l’orée du deuxième millénaire. Cette libéralisation a eu deux conséquences majeures. D’abord, les importations de vins blancs ne cessent de croître. Ensuite, le vignoble suisse a mué vers une majorité de surface plantée en cépages rouges (lire encadré). Ces éléments concomitants, les supermarchés se chargent de les rappeler au consommateur.

Des vins hispaniques

Ni vins italiens ni vins français dans notre dégustation, mais des blancs hispaniques pour la plupart. Logiquement, c’est un (noble) hidalgo qui s’impose. Présent depuis plus d’un siècle dans la Rioja, Marqués de Riscal est allé s’implanter plus au nord, au début des années 1970. Depuis, la région de la Rueda passe pour produire les vins blancs espagnols les plus frais et les plus aromatiques. Le gagnant du jour tire profit du cépage local, le verdejo. Certains dégustateurs lui ont trouvé des arômes qui rappellent le sauvignon blanc… Et pour cause, Marqués de Riscal a introduit le cépage originaire de la Loire en Rueda en 1974. Et le pur sauvignon blanc du même producteur se trouve aussi dans certaines grandes surfaces.

Des cépages bien en vue

Dauphin, un blanc d’un autre producteur espagnol reconnu, Torres. Là encore, un cépage local fait merveille, le parellada, à la base des vins effervescents, les «cavas» catalans. Troisième, un vin argentin, d’une des maisons les plus célèbres de Mendoza, Norton. Le torrontes est un cépage prometteur, propre au pied des Andes, dont il existe plusieurs variétés. La plus typée, mendocino, est aussi la moins muscatée qui, elle, est la plus répandue, sous le nom de riojano, la troisième, la sanjuanino étant la plus proche du cépage homonyme venu du nord de l’Espagne.

La Galice, précisément est, aujourd’hui encore, une des plus réputées de la péninsule Ibérique, grâce à un cépage blanc, l’albarino, à la fois vif et aux arômes d’agrumes, avec une pointe d’amertume. Le même cépage, sous le nom d’alvarinho, de l’autre côté de la frontière, au nord du Portugal, sert de base au fameux «Vinho verde». Dans sa version extralégère (9% d’alcool seulement!), la Sogrape, géant de la vitiviniculture lusitanienne, signe un joli produit, doté d’un peu de gaz carbonique qui ne devrait pas dépayser les amateurs de chasselas!

Portugais en retrait

A part les Torrontes argentins et un portugais classé en avant-dernière place, tous trois à 13% d’alcool, voire un demi- degré de plus, tous les blancs dégustés sont frais et digestes (à 12% et moins). Et puis, les cinq premiers se tiennent, tous à moins de 10 francs. Une fois de plus, il est démontré qu’un prix élevé n’assure pas forcément une qualité supérieure. En revanche, l’albarino, quand il vient de la DO Rias Baixas, la plus célèbre de Galice et d’Espagne, paie cette renommée. De même les blancs portugais, moins bien classés, des assemblages où l’arinto est bien présent.

Pour compléter le tableau, deux vins australiens, assemblages de chardonnay et de sémillon, de deux gros opérateurs. Des vins faibles en alcool (12,5%), mais peu enthousiasmants. Le chardonnay passe-partout ne gagne pas grand-chose à être marié au pâle sémillon, dont les Australiens se sont entichés.

Pierre Thomas


Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.