Après les frigos et les voitures, c’est au tour des maisons d’être étiquetées selon leur consommation d’énergie! Pour le lancement du certificat énergétique cantonal des bâtiments (CECB), l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) fait une «action»: les 15 000 premiers propriétaires qui se lanceront ne paieront que 200 fr. au lieu des quelque 1200 fr. que coûte l’évaluation de leur maison.
- A quoi sert ce certificat? – Etabli sur une base volontaire, il permet au propriétaire de situer son bien sur une échelle allant de A à G (voir schéma). Ce qui est utile lorsqu’on envisage de le vendre ou qu’on veut améliorer son efficacité énergétique, étant donné que le certificat est assorti de conseils.
- Comment en profiter? – Le site www.cecb.ch est l’interface permettant de contacter, dès le 3 août, un expert (généralement un architecte ou un ingénieur) de son choix sur une liste de 800 professionnels environ. En Suisse romande, il y en a quelque 250. S’agissant des PPE, l’accord des copropriétaires est requis, selon ce que prévoit le règlement (unanimité, majorité, etc.).
- Quelles formes ce certificat prend-il? – Il existe trois variantes du CECB. La «light» est une autoévaluation purement indicative que le propriétaire peut effectuer lui-même gratuitement sur le site. La version «officielle» du CECB nécessite la visite de l’expert, qui prodiguera des conseils généraux (changer les fenêtres par exemple). Et, dans le CECB «enrichi» (le nom officiel n’a pas encore été défini) – celui qui fait l’objet de l’«action» à 200 fr. –, les conseils de l’expert seront plus concrets.
- Quels sont les prérequis? – Dans l’idéal, le propriétaire présente à l’expert le coût (factures) de sa consommation effective de chauffage et d’électricité pendant trois ans ainsi que les plans de sa maison. Ces documents faciliteront les calculs de l’expert. Mais, si l’un ou l’autre de ceux-ci est incomplet ou manque – les plans par exemple –, les résultats seront simplement un peu moins précis.
- Combien de temps dure la visite de l’expert? – Environ une heure. L’expert fait le tour du bâtiment pour s’informer, par exemple, de l’état de la toiture, des parois, du chauffage et des fenêtres. De retour à son bureau, il fait ensuite ses calculs puis rend son verdict.
- Que contient le certificat délivré? – Le bâtiment est classé selon sa performance énergétique, au niveau tant de son enveloppe que de manière globale. Pour l’enveloppe, les classes sont basées sur la limite maximale de consommation des nouvelles constructions (4,8 litres de mazout/m2 par année), récemment définie d’un commun accord par les cantons (MoPEC 2008) et bientôt exécutoire. Classe A: 0-50% de la limite; classe B: 50%-100%; classe C: de 100 à 150%, etc. En plus du certificat, l’expert prodigue des conseils.
- Quels sont ces conseils? – Ils feront l’objet d’un rapport que remettra l’expert. Pour le CECB officiel, le document ne contiendra que quelques pages. Celui du CECB «enrichi» en contiendra une vingtaine. Seul ce dernier donnera des pistes concrètes de rénovation. Par exemple, «ajouter 8 cm d’isolation extérieure aux murs du bâtiment» ou «remplacer la production de chaleur au mazout par celle d’une pompe à chaleur géothermique». Le coût de ces mesures, établies selon leur priorité, sera chiffré, de manière que le propriétaire sache à quoi s’attendre. Le rapport évaluera également les économies d’énergie qui pourront, à terme, être réalisées. Enfin, le document présentera le panorama des différentes subventions cantonales.
- Combien cela coûte-t-il? – Sans compter l’«action» sur le CECB «enrichi», le prix dépend du bien immobilier mais aussi de l’expert. Bien qu’agréé par l’OFEN, celui-ci facturera en son nom les prestations. Pour le CECB, compter entre 400 fr. et 600 fr. pour une villa familiale; entre 500 fr. et 800 fr. pour un immeuble de plusieurs appartements. Pour le CECB «enrichi», il en coûtera entre 1000 fr. et 1500 fr. environ pour une villa ou une PPE jusqu’à 10 appartements.
Nicolas Zeitoun