
Péril jaune
Le Conseil fédéral a refusé, une nouvelle fois, d’accorder une licence bancaire à La Poste. Son argument est mince: les hypothèques et les crédits bon marché proposés par le géant jaune lui feraient courir un risque, compte tenu de l’instabilité des marchés financiers. Les milieux économiques applaudissent des deux mains, eux qui voient d’un mauvais œil l’arrivée sur le marché d’un rival de cette taille.
Pourtant, une banque jaune présenterait bien des avantages. Premièrement, sa création permettrait de financer le réseau postal, au moment où l’on parle de fermer des guichets et à la veille de la libéralisation du secteur promise pour 2011-2012. Deuxièmement, ces milliards serviraient à soutenir les PME, au lieu d’être investis en partie à l’étranger, comme c’est le cas aujourd’hui. Troisièmement, le consommateur pourrait – enfin – prendre toute la mesure des vertus de la concurrence.
Reste que, pour faire jeu égal avec les autres banques, PostFinance devra développer des compétences dans un domaine qu’elle ne maîtrise pas (encore): la gestion des risques. Pour ce qui est de son habit juridique, il importe peu, car, couverture étatique ou non, la Garantie des dépôts des banques ne suffirait de toute façon pas à la sauver en cas de faillite.
Massimo Oberti


