
Travailler, c’est trop cher
Que reste-t-il du deuxième revenu d’une famille, une fois payés les frais de crèche et les impôts supplémentaires? Rien, voire moins que rien dans certains cas, selon une étude réalisée par l’Université de Saint-Gall. Pour les couples mariés avec deux enfants, le travail du conjoint le moins bien payé, en général la mère, peut ainsi entraîner une perte financière au-delà de trois jours par semaine.
La Conférence des bureaux de l’égalité, mandataire de l’étude, pointe du doigt la tarification des crèches, souvent proportionnelle aux revenus cumulés des parents. Un jour hebdomadaire de travail supplémentaire peut ainsi engendrer une augmentation des frais de garde qui annule le bénéfice de la journée.
Le traitement fiscal de couples mariés est également mis en cause. Malgré les corrections apportées, ils restent, en effet, bien plus lourdement taxés que les concubins.
C’est dans le canton de Berne que les mères professionnellement actives sont le plus pénalisées. Dans la catégorie moyenne (100 000 fr. de revenu brut pour monsieur, 60 000 fr. pour madame), leur travail coûte plus qu’il ne rapporte au-delà de deux jours de labeur hebdomadaires déjà. Les Genevoises et les Neuchâteloises de cette catégorie ne gagnent plus rien le 4e jour et perdent de l’argent le 5e. A Fribourg, mieux vaut cesser de travailler après trois jours, alors que la limite se situe après quatre jours dans le canton de Vaud. Seul le canton du Valais ne pénalise pas les parents mariés qui travaillent tous deux à plein temps.
CHR
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