
Solidarité forcée des retraités
Un tabou vient d’être brisé: un tiers des retraités de Georg Fischer devront se serrer la ceinture pour redresser les finances de leur caisse de pension. C’est sans doute une première. Car, même pendant la crise de 2001-2002, aucune caisse n’avait apparemment osé toucher aux rentes.
Celles des retraités de Georg Fischer seront amputées de 6,1% jusqu’à ce que la caisse soit renflouée, et cela peut prendre du temps. La coupe est cruelle, mais, dans la mesure où cette caisse compte 60% de rentiers contre seulement 40% d’assurés actifs, il aurait été tout aussi impitoyable de faire supporter aux seuls salariés l’effort d’assainissement (baisse du taux d’intérêt, des prestations d’invalidité et de décès, puis de retraite dans certains cas). Un tel déséquilibre entre rentiers et assurés actifs est certes encore assez rare, mais il se multipliera forcément avec le vieillissement de la population.
Espérons toutefois que d’autres institutions de prévoyance ne s’enfilent pas dans la brèche, détériorant ainsi davantage encore le 2e pilier. Un espoir: il n’est possible de couper dans les rentes qui si elles ont été majorées depuis le départ à la retraite. Les rentiers qui n’ont jamais vu leur prestation indexée à l’inflation, et ils sont nombreux, n’ont donc pas à s’inquiéter. Pour le moment tout au moins…

