
Les frais des fonds font un carton!
La performance n’est pas le seul critère de sélection d’un fonds de placement. Les frais ne sont pas négligeables!
Vendu au prix de 1% la part dans une banque, un même fonds en coûtera 5% ailleurs! Cette différence de tarif, constatée par un lecteur, illustre parfaitement la difficulté de se retrouver dans le monde pléthorique des fonds de placement. L’investisseur en herbe doit donc être attentif au montant des frais qu’il devra supporter.
Un fonds, c’est une véritable entreprise: il y a la société de gestion du fonds, un gestionnaire attitré, lui-même assisté parfois de plusieurs collaborateurs. Tous s’occupent de faire tourner la boutique. L’aspect «vitrine» est assuré par la banque, qui vend les parts à un prix négocié avec ladite société. Lorsqu’une banque gère et vend elle-même le fonds, on dit alors que celui-ci est «maison». Les frais sont donc souvent moins élevés.
Visibles et invisibles
Les coûts que l’investisseur doit assumer ne sont pas tous visibles. En plus des frais payés de sa poche (achat et vente des parts, frais de dépôt et timbre fédéral), d’autres (les frais de fonctionnement du fonds) sont prélevés directement sur la masse totale d’argent gérée. Et l’acheteur n’a aucune prise sur ces derniers. La seule manière de savoir si le fonds est gourmand en coûts est de consulter un indice particulier: le Total Expense Ratio (TER). Celui-ci donne une photographie du pourcentage du total des frais prélevés sur une année par rapport à la fortune du fonds.
Le montant total des frais varie selon la complexité du fonds. Nécessitant peu d’interventions, un fonds en obligations sera moins coûteux qu’un autre en actions. Reste que la note peut être salée. Notre exemple le montre: sur les 10 000 fr. investis dans le fonds «maison», (Credit Suisse Portfolio Fund (Lux) Balanced (Sfr.), qui réinvestit les gains accumulés), le client doit débourser un total de 231.15 fr. de frais directs (2,3%
de 10 000 fr.+7,6% de TVA sur les frais de dépôt) la première année. Et c’est compter sans les impôts sur la valeur et les revenus (dividendes par exemple) des parts, qui varient selon le profil fiscal de l’investisseur. Moralité: pour amortir les frais liés à l’achat, il faut conserver un fonds plusieurs années durant!
Nicolas Zeitoun


