
Des trous dans son ciré
Le temps s’est gâté. Et le ciré, une fois déballé, s’avère quelque peu troué.
Percée, la garantie de 100 000 fr. en cas de faillite d’une banque. Les 6 milliards dont est doté le fonds de rescousse ne suffiraient pas à rembourser tous les clients d’un établissement, même de taille moyenne (lire page 6).
Perméable, la protection de la Confédération couvrant les avoirs déposés auprès de PostFinance. Les comptes de 3e pilier et de libre passage du géant jaune sont, en réalité, gérés par UBS et Credit Suisse, et ne jouissent donc que de la garantie de 100 000 fr.
Lacunaire, la protection juridique en cas de déboire sur les marchés financiers. Les conditions générales d’assurance excluent les litiges ayant trait aux opérations bancaires, boursières ou de placement (lire pages 20 et 21).
Même aéré de la sorte, on en vient fatalement à transpirer sous son K-Way.
Mais, si les Indiens ont inventé la danse de la pluie, tout le monde planche, aujourd’hui, sur la chorégraphie de la danse du soleil: les gouvernements, les acteurs de la finance et tout un chacun. Une supercoproduction internationale, à très gros budget, mais révolutionnaire. Et qu’importent les faux pas si, au final, elle balaie l’orage.
Joy Demeulemeester

