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Rien à déclarer

Pendant que j’écris ces lignes, mon fils cadet mange à la cantine scolaire. Depuis quelques années, je peux en déduire le coût de ma note d’impôt cantonal. C’est un progrès, même si le montant maximal prévu (4000 fr. par an à Fribourg) est ridicule par rapport à ce que nous dépensions, auparavant, pour un placement à la crèche.

Afin de diminuer la charge fiscale de l’impôt fédéral direct (IFD) sur les parents, Hans-Rudolf Merz propose d’autoriser à l’avenir les familles où le père et la mère travaillent de déduire 12 000 fr. pour les frais de garde. Libre aux cantons de fixer ensuite leur propre limite. L’idée enrage les milieux conservateurs, qui voient là une «gifle» au visage des mères au foyer.

Dans cette logique, est-il juste que le pendulaire déduise le coût de ses trajets, alors que l’agriculteur qui dort dans sa ferme ne peut rien défalquer? La seule différence, c’est que la mobilité a toujours été perçue comme un progrès social, contrairement au travail professionnel des mères. Tout irait tellement mieux si elles faisaient la popote, rien que la popote.

Quoique. Les enfants auraient droit à de bons petits plats. Mais les pouvoirs publics et les commerçants seraient au régime, faute de revenus à déclarer et à dépenser. Comme programme de relance, on a vu mieux.

Claire Houriet Rime