
Trois courbes pour analyser l’évolution de l’or noir
On aimerait bien pouvoir dire que les compagnies pétrolières se font leur beurre sur le dos des consommateurs. Ce n’est pas le cas, assure l’Office fédéral de l’énergie (OFEN), qui a publié une récente étude sur la question, intitulée «Essence à la pompe en Suisse: un marché libre qui fonctionne».
Le graphique ci-dessus montre l’évolution de trois prix en 2008. Il corrobore le fait que, lorsque le prix de référence (en jaune) baisse, ceux de l’essence (chiffres de l’Office fédéral de la statistique) et du mazout (pour des commandes jusqu’à 1500 litres) suivent. Le prix de référence est celui du litre d’essence à Rotterdam. Rotterdam? Etant donné que 60% à 70% du mazout et de l’essence consommés en Suisse sont importés des Pays-Bas, c’est ce prix qui fait foi et non celui du brut. Reste que d’autres facteurs influencent les prix en bout de chaîne. Citons notamment le cours du franc par rapport au dollar ainsi que les frais de transport, fait par bateau sur le Rhin.
A l’arrivée, selon l’OFEN, les pétroliers réalisent tout de même de confortables marges brutes (dites commerciales). Celles-ci ne dépendent pas des cours et sont stables depuis plusieurs années, à environ 17 centimes par litre d’essence. L’Union pétrolière suisse affirme en outre que le bénéfice n’est que de 2 ou 3 centimes par litre d’essence.
Cette affirmation détonne avec les résultats affichés par les pétroliers: le bénéfice de Shell, par exemple, a été de 36,4 milliards de francs en 2008.
NZ


