Il faut souvent travailler dur pour gagner sa croûte; alors, pour alléger les ponctions fiscales, chaque déduction de frais compte.
Pour gagner de l’argent, il faut en dépenser: abonnement de train, cantine, matériel informatique ou cours de perfectionnement. Heureusement, une bonne partie de ces frais sont déductibles du revenu imposable des salariés. Encore faut-il les inscrire sur sa déclaration d’impôt.
Frais de déplacement – Si le lieu de travail est situé à plus de 1,5 km du domicile, les frais de transport effectifs sont en principe entièrement déductibles. Pas de problème quand on se déplace en train ou en bus. En revanche, lorsqu’on emprunte sa voiture, seul l’équivalent du coût de l’abonnement aux transports publics peut être soustrait. A moins de prouver qu’il est impossible de se passer de son véhicule, parce que le domicile est totalement isolé ou qu’on achève son service bien après le couvre-feu des CFF. La déduction oscille alors entre 65 ct. et 30 ct./km, selon le nombre de kilomètres parcourus (voir tableau). Le tarif est plus bas pour les motos, et les adeptes de la petite reine ont droit à un forfait de 700 fr. par an.
Frais de bouche – Les repas pris hors du foyer peuvent être défalqués, si la pause de midi du salarié ne lui permet pas de rentrer à la maison. Le forfait est de 15 fr. par frichti (16 fr. par jour à Genève), avec un plafond annuel de 3200 fr. Le tarif est souvent réduit de moitié, quand l’employeur participe aux frais (par exemple tickets repas, cantine d’entreprise). Mais il peut aussi augmenter, lorsque l’employé est également contraint de prendre son repas du soir à l’extérieur.
Frais de formation – Les formations, dites de perfectionnement ou de reconversion, sont fiscalement encouragées partout. Les conditions d’octroi de la déduction et son montant variant, il est indispensable de se renseigner avant. En principe, la formation doit être en lien direct avec la profession exercée et nécessaire au maintien du poste actuel. Les cours de langues en font en général partie ainsi que les formations continues, pour autant qu’elles ne soient pas déjà prises en charge par l’employeur. Les frais de reconversion ne sont, eux, déductibles que dans la mesure où l’employé a été contraint de se «recycler» (par exemple suppression du poste, maladie). Une mère de famille, qui a repris du service, pourrait aussi déduire des cours informatiques facilitant sa réinsertion. En revanche, les cours permettant un avancement professionnel, telle une maîtrise fédérale, ne sont souvent pas déductibles, mais cela vaut tout de même la peine d’essayer, car les demandes sont examinées de cas en cas.
Autres frais – Les autres dépenses inhérentes à l’exercice de sa profession (par exemple achat d’outils, ouvrages spécialisés, vêtements de travail) font l’objet d’un forfait: 3% du salaire net, jusqu’à un certain plafond (voir tableau). Sauf le Jura, où la déduction est de 1900 fr., mais les frais liés à l’usage d’une pièce de travail à domicile sont déduits séparément. La plupart des cantons offrent en alternative la déduction effective de ces frais professionnels, sur présentation de justificatifs.
Vêtements – Inutile de présenter la facture d’un costume griffé, le fisc n’entre en matière que pour les salopettes, chaussures de sécurité, toques de cuisinier, etc.
Bureau – Les frais liés à l’utilisation d’une pièce à domicile ne peuvent être déduits que dans certains cantons (BE, FR, JU, VD et VS) et à condition que le salarié n’ait aucune possibilité acceptable d’accomplir ses tâches sur son lieu de travail. Potasser ses dossiers le soir ne suffit donc pas.
Toutes ces défalcations sont accordées à chaque salarié. Les conjoints qui travaillent y ont donc aussi droit. Mais, comme elles sont calculées sur une année, les personnes employées à temps partiel verront leurs déductions réduites en fonction.
Joy Demeulemeester
Pour télécharger le tableau comparatif des frais professionnels à déduire, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.