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Comptes pour gestionnaires en herbe

Il y a un temps pour la tirelire et un temps pour les cartes bancaires. Franchir ce pas, c’est apprendre à gérer son argent comme les grands.

Que l’argent de poche se limite à une pièce hebdomadaire ou qu’il serve à payer repas de midi et vêtements, le chemin vers l’autonomie financière devrait se faire progressivement. Pour attirer les jeunes clients, les banques leur proposent des comptes bien rétribués (voir tableau). Les taux d’intérêts offerts varient entre 0,25% et 2%, ce qui les rend nettement plus attractifs que ceux destinés aux adultes.

Parents naïfs s’abstenir: ouvrir un compte de gestion courante pour un enfant lui permettra, certes, d’apprivoiser les chiffres noirs, mais aussi, selon son âge et le type de carte bancaire, les chiffres rouges.

La plupart des banques exigent la signature des parents pour l’ouverture d’un compte. Ce faisant, ceux-ci donnent à leur rejeton le droit de l’exploiter à lui seul. Les relevés seront envoyés à son nom, et il aura le droit de dépenser cet argent à sa guise.

Il serait par conséquent très imprudent de profiter du rendement avantageux offert par les banques en transférant une partie du patrimoine familial sur le compte de l’enfant! Sans compter que la plupart des banques fixent une limite de rétribution variant généralement entre 5000 fr. et 10 000 fr. Au-delà de ces montants, le compte ne rapporte pas davantage que celui d’un adulte.

Deux types de cartes

Pour l’enfant, tout commence le jour où il reçoit le précieux rectangle de plastique qui lui donne accès au monde des grands. On distingue deux types de cartes bancaires, dont les implications diffèrent fortement.

  • La carte «banque» – Reliée directement au compte, elle permet à son détenteur de retirer l’argent aux distributeurs de l’établissement émetteur uniquement. Elle ne peut être utilisée, ni pour régler des achats ni pour s’approvisionner en liquide dans d’autres banques. L’enfant ne peut donc se retrouver avec un solde négatif.

Pour éviter tout risque de découvert, la plupart des établissements ne proposent que ce type de carte aux préadolescents. La Banque Cantonale de Fribourg, la Banque Cantonale Vaudoise et la Banque Coop limitent même les retraits à 100 fr. par mois pour éviter que toute l’épargne ne soit dépensée en un jour dans une console de jeux vidéo.

  • La carte de débit – Entre 12 et 15 ans selon les institutions, le titulaire du compte peut demander, gratuitement, une carte de débit direct Maestro ou Postcard. Si certaines banques exigent la signature des parents pour franchir ce pas, d’autres octroient d’office le symbolique sésame. Le jeune pourra s’en servir, non seulement dans les distributeurs, mais aussi pour régler ses achats dans les commerces.

L’utilisation n’est en principe possible que si le compte est approvisionné. Certaines cartes Maestro, telle celle de la Banque Migros, sont directement connectées avec l’établissement émetteur. Elles ne permettent donc pas de retirer davantage que le solde disponible. Mais on ne peut pas exclure, pour des raisons techniques, que le compte du jeune vire au rouge. En cas d’abus, la banque peut toutefois rapidement bloquer la carte.

Bien que les relevés soient envoyés à l’adresse du titulaire, il appartiendra, le cas échéant, à ses parents d’éponger ses dettes. En donnant leur accord à l’ouverture d’un compte doté d’une carte Maestro ou d’une Postcard, ils ont, en effet, accepté les risques inhérents.

Compte épargne

La seule solution pour garder le contrôle sur les avoirs de l’enfant est d’ouvrir un compte épargne. Etabli au nom du jeune, il est administré, selon le Code civil, par la personne (parent, grands-parents ou parrain) qui l’a ouvert. Cette dernière n’a en revanche pas le droit de toucher à la fortune de l’enfant.

Et, quel que soit le type de compte choisi, le jeune adulte pourra, au lendemain de sa majorité, gérer son argent comme il l’entend. Le même mécanisme vaut pour les fonds de placement proposés aux mineurs à des conditions préférentielles.

Si la Bourse est au creux de la vague, le donateur n’a ainsi aucun moyen d’empêcher le gestionnaire en herbe de vendre ses titres au lendemain de ses 18 ans. La banque défendant les intérêts du titulaire du compte, elle lui en attribuera l’entière responsabilité.

Plutôt que d’alimenter un compte bancaire avec de grosses sommes, il est donc préférable de n’y placer que les montants pouvant raisonnablement être confiés à un jeune adulte.

Claire Houriet Rime


Pour télécharger le tableau comparatif, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.

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