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Un placement sûr, mais peu rentable

Il n’y a presque aucun risque à acheter des obligations de caisse. Mais si le rendement est supérieur au carnet d’épargne, il reste faible.

Les épargnants ne vont peut-être pas à nouveau enfouir leurs économies sous un matelas, mais ils n’en sont pas loin… Echaudés par la première crise boursière entre 2000 et 2003, durant laquelle ils ont perdu une bonne partie de leurs essais d’investisseurs en herbe, ils ont eu à peine le temps de reprendre le moral que, patatras, une deuxième crise s’est pointée, ponctuée d’événements à peine imaginables comme les pertes colossales réalisées par UBS. Bref, la confiance n’est plus de mise.

Or, tout le monde le sait, sans confiance, pas d’investissement. Ceci explique le recul significatif du boursicotage, devenu un sport presque populaire dans la fin des années nonante. Pourtant, il faut bien placer son argent quelque part… Alors où? Le laisser sur son compte salaire? Allons donc: la rémunération ridicule qu’il génère (généralement 0,25%) ne suffit même pas à payer les frais qu’il engendre. Opter pour un compte épargne? C’est certes déjà un peu mieux, mais encore très insuffisant, puisque les meilleures prestations plafonnent à environ 1,5%, avec passablement de contraintes à la clé.

Une seule alternative

En fait, si l’on entend rester hors de la Bourse, et donc placer son argent presque sans risque à un taux supérieur, l’alternative existe, mais il n’y en a qu’une: les obligations de caisse. Il s’agit concrètement d’un prêt, variant généralement de deux à huit ans (mais pouvant aller jusqu’à dix), consenti à une banque ou une institution et qui génère un rendement variant en fonction de la durée.

Bien sûr, ces intérêts sont adaptés au marché des taux en général, mais une fois fixés, ils restent dus jusqu’à la fin du prêt. La plupart ont été revus à la baisse au début du mois et oscillent aujourd’hui entre 2,5% et 3,375 % pour une durée de 8 ans (voir tableau ci-dessous).

Peu de risques

Ces adaptations, fondées sur le marché des taux, est en fait le seul vrai risque pris par l’investisseur, soit celui de s’engager pour longtemps à un taux trop bas. Car il faut le savoir: impossible de vendre, même à perte, des obligations de caisse avant le terme du contrat! Voilà pourquoi ce type de placement est souvent recommandé pour des périodes relativement courtes (deux ou trois ans).

En revanche, la Loi fédérale sur les banques assimile les obligations de caisse «déposées auprès de la banque au nom du déposant» à un compte d’épargne et leur octroie donc une garantie pour un montant allant jusqu’à 30 000 fr. Au-delà, il existe un (petit) risque en cas de faillite de la banque, ce qui ne fait plus rire personne aujourd’hui… Problème que n’a pas PostFinance, puisque les avoirs de la clientèle déposés sur ses comptes sont protégés par la garantie étatique assurée à La Poste en sa qualité d’entreprise de droit public.

Le 4 septembre dernier, date où nous avons relevé les taux du tableau ci-dessous*, un prêt sur trois ans donnait un rendement variant entre 2% et 3,125% selon l’emprunteur. Il vaut donc largement la peine de comparer, en n’oubliant pas que les taux sont une chose, les frais une autre. Outre la taxe fédérale obligatoire (0,06% par an), certaines banques facturent en effet une commission pour les coûts administratifs (quelquefois avec des montants minimaux), mais aussi les frais de gestion (droits de garde) du compte de dépôt de titres sur lequel les obligations sont déposées, parfois de clôture.
Nous avons calculé le rendement effectif d’un placement de 20 000 fr. sur une durée de trois ans, pour une personne ne possédant pas de compte titre, et qui va donc en ouvrir un pour la circonstance. Le gain varie, tous frais déduits, de 460 fr. (– 26%) entre le meilleur et le moins bon (voir dernière ligne du tableau ci-dessous). Et permet de confirmer que la comparaison des taux est insuffisante, puisque certaines banques affichent des taux supérieurs à la concurrence, mais offrent finalement un rendement net inférieur.

Conclusion: la sécurité affiche un prix accessible, mais avec un rendement vraiment très faible. Tellement qu’il ne pourra même pas compenser l’inflation (lire l’encadré). Autrement dit: avec l’argent placé aujourd’hui, on achètera moins dans trois ans, même si le pécule a augmenté. Une seule consolation: la perte serait pire encore en optant pour un compte d’épargne ou la fortune enfouie sous le matelas…

Christian Chevrolet

*Adresses pour actualiser ces taux.


Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré au-dessous de la photo

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