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15 assurances automobiles: casco, vaut-il la peine de casquer?

Signer une casco complète, partielle ou pas de casco du tout pour sa voiture, le choix dépend des risques qu’on est prêt à assumer.

La question vaut son pesant de primes: est-il plus judicieux d’assurer son véhicule en casco complète, en partielle ou même de s’abstenir de contracter ce type d’assurance facultative? Le manuel de l’Association pour la formation professionnelle en assurance (AFA) indique que «la règle communément admise» consiste à contracter une assurance casco complète pour les nouveaux véhicules, de passer à une couverture partielle à partir de la 3e à 4e année de mise en circulation, puis de renoncer à toute casco après huit ans. Mais l’ouvrage s’empresse de préciser que cette règle «pèche par sa généralité».
«Tout dépend en fait des risques que l’automobiliste est prêt à supporter lui-même» résume Patrick Vollmar, responsable de la clientèle privée à Generali.

Couverture à choix
Pour bien évaluer les risques qu’on est disposé à courir, il convient d’abord de se rappeler ce que couvre une assurance RC sans casco, avec casco partielle ou casco complète.

  • La responsabilité civile (RC) est obligatoire. Elle assure les dommages corporels et matériels causés à des tiers. Les assurances casco, facultatives, couvrent les dégâts subis par votre propre véhicule.
  • La casco partielle prend en charge les dommages naturels, ceux résultant d’un incendie, d’un vol ainsi que les bris de glace, les collisions avec des animaux et certaines formes de vandalisme.
  • La casco complète couvre également ces risques. Elle assure de surcroît les dégâts à votre véhicule résultant d’une collision, même si vous en portez la responsabilité. En cas de dégât total, l’assurance remboursera, déduction faite d’éventuelles franchises, la valeur vénale de la voiture, ou sa valeur vénale majorée, selon la police contractée.

Prudence ou témérité
Selon les types de couverture cités, le risque va donc être différent dans le sens où les dégâts que peut subir un véhicule ne seront pas assurés de la même manière. Prenons l’exemple de M. Toulemonde. En 2003, il a acheté une Opel Zafira neuve de 38 555 fr.

  • Sans casco, ou même avec une partielle, il ne touchera pas un kopeck s’il perd la maîtrise de son véhicule et occasionne un dégât total. Dans ce cas de figure, s’il avait démoli son véhicule peu après la mise en circulation, la perte sèche aurait été de 38 555 fr.! En revanche, s’il ne subit aucun dommage pendant des années, il économisera plusieurs milliers de francs de primes. Verdict: un choix risqué, que font toutefois certains conducteurs, nous ont confié les assureurs.
  • A contrario, si M. Toutlemonde, était assuré en casco complète, il aurait touché entre 70% (valeur vénale) et 90% (valeur vénale majorée) du prix de sa voiture s’il l’avait démolie dans l’année suivant l’immatriculation. Après cinq ans, M. Toulemonde peut, d’ailleurs, selon les assurances, toucher encore 60% à 70% du prix catalogue en cas de perte totale avec une casco complète à valeur majorée. Soit entre 23 000 fr. et 27 000 fr., moins la franchise. Verdict: une bonne couverture, toutefois plus chère qu’une casco partielle (voir tableau).
    A chacun donc de choisir selon les risques qu’il est prêt à prendre en mettant dans la balance le pour (être dédommagé en cas de problème) et le contre (montant des primes annuelles), tout en sachant que certains profils suggèrent certains choix.
  • Un automobiliste dont la capacité financière est solide, qui utilise peu et prudemment sa voiture pourra et voudra peut-être assumer seul les risques ou conclure une casco complète pour les deux ou trois premières années et y renoncer par la suite.
  • En revanche, si le véhicule est indispensable à son conducteur, s’il roule beaucoup et n’a pas la capacité financière d’en acheter un autre en cas de dégât total, une casco complète constitue sans doute la meilleure couverture, même pour un véhicule ayant déjà quatre ans. Autre avantage, la casco complète offre un dédommagement immédiat lors d’accidents impliquant plusieurs responsables, sans attendre que les parts de responsabilité respectives soient déterminées par les experts.

Tenir compte des bonus
Conserver longtemps une casco complète n’est pas forcément une mauvaise stratégie. «Lorsqu’on possède un véhicule déjà ancien ou dont la valeur vénale est peu élevée, il faut tenir compte du bonus», remarque Martin Läderach, porte-parole d’AXA Winterthur. Car, contrairement aux cascos partielles, basées généralement sur des primes fixes, les complètes offrent un système de bonus qui réduit le montant des primes au fur et à mesure que les années passent sans recours à l’assurance. Comme le montre notre tableau, avec un bonus maximal (30% à 40% selon les compagnies), la différence de coût entre une complète et une partielle n’est pas forcément importante, réduisant considérablement l’attrait de passer d’une complète à une partielle. Dans l’exemple de notre tableau, la différence annuelle n’est, en effet, que de 153.90 fr. à AXA Winterthur basic ou de 178.60 fr. à La Mobilière.

Et avec une vieille croûte? Là, il faut se demander s’il y a encore un intérêt à payer une assurance, même partielle, qui ne remboursera que des clopinettes en cas de dégât total. Cette question ne se posera pas lors d’un leasing. Les sociétés spécialisées dans le domaine exigent une couverture casco complète.

Sébastien Sautebin

Pour télécharger le tableau comparatif des produits, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.

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