
Petites laines pour grands exploits
La montagne n’a pas son pareil pour souffler le chaud et le froid. Le randonneur transpire à la montée et gèle au sommet. Pour le skieur, c’est l’inverse: il livre un effort intense pendant la descente, mais n’échappe pas au coup de froid sur le téléski ou à l’heure de l’apéro!
Les sportifs des cimes ont donc, instinctivement, toujours porté plusieurs couches: la première, fine, absorbe la transpiration et sèche rapidement. La deuxième, plus épaisse, garde une température constante, mais reste humide plus longtemps. En hiver, la troisième isole du froid.
Rester au sec
Avec l’avènement de la haute technologie, les T-shirts ont disparu des garde-robes. Le coton, qui absorbe l’humidité, met en effet des heures à sécher. Il a été remplacé par des sous-vêtements synthétiques et hydrofuges qui sèchent en moins de deux.
Idem pour les gros pulls en laine, lourds dans le sac et qui, même s’ils ont été tricotés avec amour, grattent désagréablement. Ils ont été détrônés par les laines polaires synthétiques, légères, chaudes et vite sèches.
Les vêtements techniques ont donc tout pour eux, ou presque. Car, comme les microfibres ont l’inconvénient de retenir les bactéries dégagées par la transpiration, elles dégagent des mauvaises odeurs, à peine portées. Et, selon le type de sudation, celles-ci résistent même au lavage!
Douce et chaude
La solution aux effluves désagréables vient des antipodes. La laine des moutons mérinos est composée de fibres creuses. Elle est donc très performante par grand froid et reste agréable au toucher, même mouillée. Autre avantage: les fibres naturelles ne retenant pas les bactéries, elles ne sentent pas mauvais, même après une semaine d’effort!
Seul inconvénient: l’extrême finesse de la laine mérinos la rend fragile et très peu résistante à l’usure. On évitera par conséquent de la porter directement sous un sac à dos, d’autant qu’elle est plus coûteuse que les fibres synthétiques qui sont, elles, inusables.
Tout l’art du sportif consiste dès lors à panacher son équipement selon la saison, le lieu de l’exploit (Préalpes, haute montagne ou trekking au Népal), son activité (intense ou modérée), sa sudation et sa résistance au froid.
Claire Houriet Rime

