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18 teintures pour cheveux: gare aux allergies!

La plupart des teintures que nous avons testées contenaient des substances allergisantes.

Huile d’avocat, rayons de miel, bambous, etc. A en croire les publicités, les colorations pour cheveux seraient totalement inoffensives. Un rapide coup d’œil sur leur composition suffit pourtant à démontrer le contraire! Les teintures capillaires contiennent en effet des substances qui peuvent nuire à la santé.

Le lien entre cancer et composants de coloration n’a certes toujours pas été démontré à ce jour. Il est même inexistant, selon le professeur Andreas Hensel, président de l’Institut fédéral allemand de l’évaluation des risques. En revanche, la recherche a mis en évidence le potentiel allergisant des substances contenues dans les teintures.

En cause: les amines aromatiques. Elles peuvent en effet provoquer d’importantes allergies, même après plusieurs années d’utilisation. Urs Hauri, chimiste au Laboratoire cantonal de Bâle met en garde: «On ne peut pas se teindre les cheveux en permanence, sans risquer de développer une allergie.» Les fabricants ont d’ailleurs l’obligation d’apposer une mise en garde sur leurs emballages. Le consommateur est ainsi officiellement averti des risques qu’il encourt en utilisant ces produits.

Substances nocives

Afin de déterminer dans quelles proportions ces substances critiques sont contenues dans les colorants pour cheveux, nous avons fait analyser 18 teintures permanentes (type 3) parmi les plus vendues en Suisse, soit six teintes brunes, six teintes blondes, trois teintes noires et trois teintes rousses (lire encadré).

Les résultats ne sont guère réjouissants: sur les dix-huit produits testés, seul l’un d’entre eux tire son épingle du jeu. Il s’agit de la teinture Brillance Schwarzkopf pour cheveux roux. Elle ne contient que peu de substances nocives et décroche, par conséquent, la mention «bon». Cinq autres produits sont jugés «suffisant» et douze carrément «peu satisfaisant» (voir tableau).

Les substances hautement allergènes ont en majorité été décelées dans les teintes noires et foncées. Mais les experts ont également relevé la présence de p-phénylènediamine, une substance très allergisante, dans le colorant pour cheveux blonds Belle Color, de Garnier.

Les réactions

Confrontés au mauvais résultat de leurs produits, L’Oréal et Schwarzkopf se contentent simplement d’indiquer qu’ils respectent la loi. Du côté de Migros, la porte-parole, Olivia Luginbühl, botte en touche et renvoie à une étude menée actuellement dans l’Union européenne. D’ici à la fin de 2010, un comité scientifique devrait en effet établir une liste des substances considérées comme non problématiques.

Dans un souci d’amélioration de la sécurité des consommateurs, l’Union européenne a interdit 22 substances pour teintures capillaires en 2006 déjà. Par ailleurs, l’industrie des produits cosmétiques a présenté 115 dossiers de sécurité sur des substances entrant dans la composition des colorations pour évaluation par le Comité scientifique des produits de consommation de l’UE. Ces dossiers, établis par les fabricants à partir de données scientifiques, doivent démontrer l’innocuité de la substance employée pour le consommateur. Sur la base de ce dossier, ce comité décidera ensuite d’interdire ou non ladite substance.

Mais il faudra encore patienter quelques années d’ici à ce qu’un changement dans la composition des colorations pour cheveux intervienne réellement. En effet, à l’heure actuelle, la Suisse est en train d’adapter la réglementation sur les cosmétiques à la législation européenne existante. Une nouvelle version de l’ordonnance sur les cosmétiques est prévue pour le mois de novembre prochain, selon Kurt Lüthi, de l’Office fédéral de la santé publique. Les quantités maximales de substances incriminées admises seront sensiblement abaissées et les mises en garde des fabricants devront être renforcées.

Ces derniers auront alors une année à compter de l’entrée en vigueur de la nouvelle ordonnance pour modifier leurs préparations. Et il faudra encore compter deux ans supplémentaires pour voir les premiers produits modifiés arrivés sur le marché.

Gertrud Rall/cg

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