
Puis-je quitter mon emploi avant la fin du contrat?
Concrètement, vous avez intérêt à négocier un départ anticipé, en présentant vos motivations, bien compréhensibles. Mais votre patron n’a pas l’obligation de l’accepter, même s’il projette – ou qu’il y est contraint – de fermer prochainement son entreprise. Or, quitter votre poste sans l’accord de votre employeur peut vous coûter cher.
En cas d’abandon d’emploi (art. 337 d du Code des obligations), vous risquez de devoir payer:
- une indemnité égale au quart du salaire mensuel – Vous devrez la verser sur demande de l’employeur, sans que celui-ci ait à prouver que le dommage subi correspond à cette somme. En revanche, vous pourrez tenter de démontrer que le dommage est moins important, voire inexistant, par exemple si vous avez été remplacé immédiatement à votre place de travail;
- la réparation du dommage supplémentaire – Dont l’employeur devra toutefois apporter la preuve. Cette indemnité est, par exemple, exigible si vous êtes un spécialiste ou un cadre difficile à remplacer: car, plus la tâche est spécifique, plus l’abandon d’emploi est lourd de conséquences pour l’entreprise.
Malheureusement pour vous, le risque de fermeture de l’entreprise n’est pas considéré comme un juste motif de résiliation immédiate du contrat par le travailleur (art. 337 CO). La notion de juste motif est en effet appréciée de manière stricte par les juges. Elle pourrait par exemple être admise si votre patron ne vous payait pas depuis plusieurs mois en raison de ses difficultés financières, bien que vous l’ayez sommé de vous rétribuer.
Par ailleurs, un départ prématuré sans l’accord de l’employeur risque d’apparaître dans le certificat de travail: c’est aussi un élément à prendre en compte avant d’abandonner un poste.

