
Des fraises qui sont des pommes
Quand les industriels et les grandes surfaces arrêteront-ils de prendre les consommateurs pour des pommes? Voilà une question qu’on est en droit de se poser en regardant les paquets de marque «N.A!», des minicarrés à base de fruits que Coop, notamment, vend désormais à proximité de ses caisses. Prenons l’un de ces paquets: sur l’emballage, une photo de fraises magnifiques et une mention «pépites fraise»; sur un autre, aux «pépites framboise», des framboises alléchantes. Mais, lorsqu’on regarde de plus près, leur composition a de quoi laisser pantois. Les pépites fraise ou framboise sont en fait composées de plus de 90% de jus et de purée de pommes concentrés. Les fraises ou les framboises ne représentent que 5% du tout.
Coop, à qui nous avons demandé des explications, se réfugie derrière les dispositions légales. Selon la loi suisse, il n’y a pas de tromperie tant que l’emballage indique la teneur des ingrédients dans l’ordre décroissant de leur importance pondérale. L’essentiel du produit peut donc tout à fait légalement être composé en majorité d’autres ingrédients que ceux mis en avant dans la dénomination.
Les personnes qui, voyant une belle fraise sur un emballage «N.A!», mangeront essentiellement du concentré de pommes et remercieront donc, au passage, le législateur, sans doute bien plus préoccupé sur le coup par les intérêts des industriels que par ceux des consommateurs. Il s’agit donc, une fois de plus, d’être particulièrement attentifs en faisant ses courses, des lecteurs nous ayant d’ailleurs signalé des cas similaires du côté des smoothies et des jus de fruits.

