
12000 km pour des prunes
Malgré les efforts écologiques dont se vantent les grands distributeurs, force est de constater que les fruits et légumes hors saison ne sont pas en régression sur les étals.
Dans les supermarchés, c’est l’été toute l’année. Preuve en est l’assortiment de fruits et légumes hors saison proposé, et dont la provenance donne parfois le tournis. Le tableau ci-contre mentionne, à titre indicatif, le parcours total accompli par ces denrées (à vol d’oiseau):
12 000 km pour des prunes chiliennes qui pousseront en Suisse dans quelques mois, voilà qui donne à réfléchir. Tout comme le melon du Honduras et le raisin d’Inde, d’Argentine ou d’Afrique du Sud. En comparaison de la même enquête menée il y a déjà trois ans (lire BàS 1/2007), force est de constater que le phénomène n’est pas en régression.
«La demande crée l’offre»
Interpellés, les grands distributeurs nous ont tous expliqué qu’ils s’approvisionnent le plus près possible de la Suisse. Mais, hors saison, ils se réfugient derrière «les besoins des consommateurs», comme indique Migros. «La demande détermine l’offre», insiste Denner. Coop précise que le transport maritime est plus écologique que la culture locale sous serre chauffée.
Malgré ces explications, un nombre grandissant de consommateurs doutent qu’un tel assortiment soit nécessaire. Coop constate d’ailleurs que les ventes de produits suisses sont en augmentation. Pour s’y retrouver sur les étals, le site du WWF indique mois par mois les fruits et légumes du moment*. Un vrai plus pour les consommateurs qui souhaitent contribuer au retour des produits locaux, mais qui auraient perdu le fil des saisons.
Yves-Alain Cornu


