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La puce de la discorde

L’entrée en vigueur de la nouvelle carte d’assurance maladie électronique est chahutée. Plusieurs assurés ne la recevront pas cette année, certaines caisses ayant décidé de la boycotter.

La carte d’assurance maladie électronique, munie d’une puce (lire BàS 1/10*), connaît de sérieux retards à la livraison. On l’annonce désormais pour le mois d’avril. Et les ennuis ne font que commencer, puisque certains assurés remarqueront l’absence de cette fameuse puce sur leur carte! En effet, celle-ci fait maintenant l’objet d’un boycott pur et simple de plusieurs caisses.

Parmi les principaux assureurs qui font obstacle, on trouve Assura, Atupri, Swica, CPT et Supra. Leurs arguments sont toujours les mêmes: «Cette carte est trop chère et inutile». Trop chère à cause du coût de fabrication de la puce, et inutile, car de nombreux fournisseurs de soins ne sont pas encore équipés pour lire leur contenu (rappelons que, cette puce contiendra à la fois les données administratives de l’assuré et, s’il le désire, des informations médicales utiles, notamment en cas d’urgence). Après avoir tout fait pour stopper l’introduction de cette carte, et obtenu un sursis d’une année (elle aurait dû voir le jour en 2009 déjà), ces caisses n’hésitent donc pas à braver la nouvelle ordonnance fédérale sur la carte d’assuré.

L’OFSP tempère

L’Office fédéral de la santé publique, autorité en matière d’assurance maladie, constate l’illégalité de cette démarche, mais se refuse à jeter de l’huile sur le feu: «Nous sommes en discussion avec ces caisses et sommes à la recherche d’une solution convenable», explique Miranda Dokkum, sa porte-parole. Autant dire que la mise en place d’un véritable système de cybersanté – dont cette carte n’est qu’une première étape – n’est pas près de se concrétiser en Suisse.

Yves-Alain Cornu