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Mauvaise volonté avérée des pharmaciens

Les pharmaciens sont, depuis le 1er mars, confrontés à une baisse massive du prix de 2000 médicaments. C’est la première étape d’un long processus amorcé l’été dernier par le Conseil fédéral en vue d’adapter les prix à ceux pratiqués par nos voisins (sauf l’Italie). Cette pression constitue une victoire pour les caisses maladie, qui vont ainsi économiser environ 400 millions de francs, tout comme pour les consommateurs, qui devront, de facto, bénéficier d’une réduction des primes de l’ordre de 2%.

Mais ce n’est pas tout: le projet de n’autoriser les caisses à rembourser que le générique le meilleur marché est actuellement débattu au Parlement. S’il passe la rampe, les pharmaciens seront contraints de substituer la préparation originale par sa copie légale la moins chère, sauf demande expresse du médecin.

Or, notre enquête le démontre: ces professionnels de la santé peinent à proposer à leurs clients un générique au lieu du remède original. Et, lorsque ceux-ci en font clairement la demande, ils ne se voient pas servir la copie légale la plus avantageuse (lire en pp. 26-27). Notre précédente enquête, menée en 2001 avec des médicaments vendus sur ordonnance, avait débouché sur le même constat: la résistance avérée du pharmacien à se plier aux nouvelles règles, évidemment moins rémunératrices. A l’époque, l’organe faîtier de la branche avait affirmé que si nous avions effectué notre coup de sonde en 2002, les résultats auraient été plus probants. Neuf ans après, les pharmaciens continuent visiblement de mettre les pieds au mur. Tôt ou (trop?) tard, ils n’auront plus le choix!

Zeynep Ersan Berdoz