
Ténacité et confiance en soi
Les arts martiaux asiatiques sont bons pour le corps et l’esprit. Les accidents ne sont pas plus nombreux que dans d’autres sports.
«Après un entraînement de taekwondo, je me sens tout simplement bien, tant physiquement que mentalement», explique Ortensia Graber, jeune pratiquante de 30 ans, habitant à Riehen, dans le canton de Bâle. Et elle n’est pas la seule! Les arts martiaux séduisent de plus en plus les Suisses. Près de 100 000 personnes s’y adonnent régulièrement, selon l’Office fédéral du sport (Ofspo). Outre les aspects purement défensifs et mentaux – ténacité, confiance en soi notamment –, la pratique des arts martiaux est bien évidemment bénéfique du point de vue physique. Diverses études montrent qu’elle améliore l’endurance, l’équilibre et fait fondre les graisses.
Il faut aussi savoir que, dans beaucoup de styles asiatiques, l’entraînement ne se limite pas à un corpus de techniques d’autodéfense exercées en duo et à des combats avec protections. Il comprend également des mouvements d’enchaînements en solo (kata, tao, poomse, etc.) au cours desquels la recherche de la perfection technique passe au
premier plan. Certains courants incorporent encore des exercices de méditation et de respiration qui favorisent la concentration.
Plus sûr que le foot
Pratiquer un art de combat n’est pas plus périlleux qu’un autre sport estime une étude canadienne. Les risques de se blesser sont à peine plus importants qu’en s’adonnant au jogging, à la gymnastique ou à la natation et bien plus faibles que dans des sports d’équipe comme le football, le hockey sur glace ou le basket.
Le degré de risques diffère néanmoins selon les arts martiaux, à en croire les chercheurs canadiens qui affirment, statistiques à l’appui, que les adeptes de taekwondo, de judo et d’aïkido courent un peu plus de risques de se blesser que ceux de karaté et de kung-fu.
Le taï-chi et ses mouvements effectués tout en souplesse présentent de leur côté un danger presque nul.
Les chercheurs canadiens ont constaté un autre phénomène: les sportifs expérimentés courent un risque de blessure plus important que les débutants. Cela ne surprend pas Claudio Rosso, médecin de la Swiss Shotokan Karate-Do Federation (SSKF) et professeur de karaté: «Les premiers s’entraînent plus que les seconds, afin de conserver leur niveau. De surcroît, ils participent plus aux compétitions, ce qui accroît les risques.»
Pas de combat à la fin
Antje Arnold n’était plus une débutante lorsqu’elle s’est blessée. Cette jeune femme de 31 ans pratiquait l’aïkido depuis trois ans déjà quand elle s’est pris le pied dans le bas du kimono de son partenaire d’entraînement au cours d’un combat. Au lieu de faire une roulade comme prévu, elle est tombée par terre en plein sur l’épaule. «Le tatami si fin m’a semblé être en béton», se souvient l’aïkidoka. Sur le moment, elle a eu à peine mal, mais elle ne pouvait plus lever le bras correctement. «ça a été tout de suite clair: il y avait quelque chose d’abîmé.» La radiographie a montré que trois ligaments de l’articulation de l’épaule étaient déchirés. Mais cela n’a jamais été une raison pour Antje Arnold d’arrêter la pratique: «L’aïkido me permet d’oublier tout le stress de la journée et de vraiment bien me dépenser!»
Claudio Rosso conseille de ne pas pratiquer trop longtemps d’un coup (lire encadré). «Après une longue séance, les muscles sont fatigués. On intercepte et amortit alors moins bien les coups.» Vers la fin des entraînements, il est donc conseillé de renoncer au combat (sparring) et de se consacrer au travail technique.
Christian Egg / séb

