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L’OFAS fait la sourde oreille

Libéralisation du marché, réduction des parts remboursées, la branche des appareils auditifs est en plein chambardement. Les malentendants en seront-ils victimes ou bénéficiaires?

A l’heure actuelle, l’AI rembourse entièrement certains appareils auditifs. Pour les seniors, l’AVS prend – en principe – 75% du coût à sa charge. Cette règle vaut pour les modèles dits de niveaux 1, 2 et 3, qui correspondent chacun à un degré de surdité (légère, moyenne, importante), déterminé en consultation par le spécialiste ORL. Il existe également une gamme supérieure: ces appareils 1+, 2+ et 3+ représentent même la majorité des ventes en Suisse. En raison de leur prix plus élevé, les patients qui optent pour ces derniers doivent ouvrir leur porte-monnaie. Ainsi, pour un appareil d’une valeur de 7817 fr., le patient paie aujourd’hui 3752 fr. de sa poche. Les 4065 fr. restants sont pris en charge par l’AI. Or, cette situation va changer l’an prochain.

Libéralisation efficace?

Si la prise en charge des modèles 1, 2 et 3 ne changera pas, l’AI et l’AVS vont en effet diminuer la part qu’elles remboursaient sur les appareils high-tech (1+, 2+, 3+).

Ainsi, leurs acheteurs «devront s’attendre à payer davantage», prévient l’Office fédéral des assurances sociales. Combien? L’OFAS affirme être bien en peine de fournir des chiffres. A cela s’ajoute une autre décision qui rend l’avenir encore plus opaque: dès 2010, le marché du haut de gamme, jusque-là régulé par un système de prix conseillés, sera totalement libéralisé. Or, si cette mesure est censée stimuler la concurrence, rien ne garantit qu’elle fasse réellement baisser les prix.

Quelles cartes les personnes concernées auront-elles alors en main?

  • Comme c’est déjà le cas aujourd’hui, une discussion avec l’audioprothésiste permettra de déterminer s’il vaut vraiment la peine d’opter pour du haut gamme, plus cher, ou si un modèle remboursé convient également. Alard du Bois-Reymond, vice-directeur de l’OFAS, estime que la faible différence de qualité entre les appareils standard et leurs pendants high-tech plaide en faveur des premiers. Il recommande donc aux assurés qui veulent économiser de l’argent de s’en tenir aux niveaux 1, 2 et 3.
  • Une autre stratégie consiste à comparer les offres des différents spécialistes, mais cette démarche est délicate puisqu’il faut souvent plusieurs semaines d’essai pour trouver l’appareil qui convient.
  • Dernière solution: demander tout simplement un rabais sur le prix final, en arguant que l’appareil choisi est meilleur marché chez certains concurrents.

Sébastien Sautebin