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La radio numérique tisse sa toile

Appelée à remplacer la FM, la radio numérique (ou DAB) mise sur sa qualité sonore et la diversité des programmes proposés. Un tableau terni par quelques inconvénients rédhibitoires.

Après la télévision, la radio entre à son tour dans l’ère du numérique. Présente en Suisse depuis une dizaine d’années, la technologie du DAB (digital audio broadcasting ou radiodiffusion audionumérique) se lance à l’assaut du grand public. Son cheval de bataille? La qualité d’écoute, qu’elle promet sensiblement supérieure à celle de la FM.

Le DAB, c’est quoi?

Le DAB est le pendant numérique des ondes ultra-courtes analogiques, appelées bande FM. Cette technologie traduit le signal radio en système binaire, par des 1 et des 0, plutôt que sous la forme d’oscillations. Le nouveau standard DAB+, introduit parallèlement depuis 2007, en améliore encore la qualité de compression.

En Suisse, le réseau numérique couvre 92% de la population, un pourcentage similaire à la couverture FM du pays. Qu’il soit analogique ou digital, le signal radio n’échappe pas aux problèmes de réception causés par une topographie difficile.

Les avantages

En plus des critères de qualité, qui sonnent le glas de la friture, de la déformation du son et des interférences, l’augmentation de l’offre du service public est l’autre atout majeur de la radio numérique. Le bouquet numérique romand proposé par la SSR comprend en effet 12 stations, tandis que les programmes en FM se comptent sur les doigts d’une main. A côté des chaînes traditionnelles que sont La Première, Espace 2, Couleur 3, DRS 1 et Rete Uno, on trouve ainsi d’autres radios comme World Radio Switzerland, Radio Rumantsch, Swiss Classic, Swiss Jazz, Swiss Pop, DRS Musikwelle et Option Musique – encore diffusée en ondes moyennes dans certaines régions de Suisse romande.

Robuste en réception mobile (train, voiture) et dispensé des fastidieuses recherches de fréquences, le DAB permet également la réception d’informations visuelles (texte et images). Quant aux récepteurs numériques, ils proposent souvent des fonctionnalités très pratiques comme la mise en pause, le rembobinage ou l’enregistrement du programme.

Les inconvénients

Au chapitre des inconvénients, l’obligation de disposer d’un récepteur compatible DAB+ est particulièrement contraignante. Si l’offre et les prix tendent à se démocratiser, il faut encore compter 70 fr. pour un appareil portatif d’entrée de gamme.

Autre point qui fâche: près de 50 000 récepteurs DAB vendus en Suisse ne bénéficient pas de la compatibilité DAB+. Lorsque la migration vers la nouvelle norme sera menée à terme, d’ici à 2015, ces radios de première génération seront ainsi bonnes pour la casse. A l’heure actuelle, tous les appareils vendus dans le commerce supportent heureusement le DAB+, à l’exception notable des autoradios. Un comble pour une technologie qui se veut avant tout mobile!

Faire le pas? Oui, mais…

Avant de faire le pas, veillez à ce que votre future radio numérique réceptionne également la bande FM: les radios privées, dans leur majorité, semblent vouloir la privilégier longtemps encore. Les automobilistes attendront pour leur part l’arrivée des premiers autoradios DAB+, attendus au printemps prochain, pour s’équiper. Mais attention: la desserte des tunnels routiers est encore loin d’être exhaustive.

Frank-Olivier Baechler