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12 bains moussants: bulles de pureté, ou presque

Les adeptes des bains chauds et parfumés peuvent se détendre. Un tiers des douze produits que nous avons fait analyser ont été jugés «très bon», tandis qu’un seul a reçu la mention «satisfaisant».

Une peau douce et hydratée, un corps détendu dans une eau parfumée: les fabricants de bains moussants ne sont pas à court d’arguments pour vanter les bienfaits de ces liquides qui font éclore les bulles.

Si le bien-être est réellement au rendez-vous, nous nous sommes intéressés aux substances entrant dans la composition de ces produits. Pour cela, nous avons sélectionné douze bains moussants et les avons confiés au laboratoire Eurofins Wiertz-Eggert-Jörissen, à Hambourg. Les experts y ont recherché la présence des substances critiques suivantes: le formaldéhyde, les parfums hautement allergènes, les muscs polycycliques et le dioxane (lire l’encadré).

Pas de formaldéhyde

Les résultats sont encourageants: aucun produit ne contient de formaldéhyde (voir tableau). Sur ce plan, les fabricants ont fait d’appréciables progrès depuis notre précédent test (lire BàS 2/2000*). De plus, quatre d’entre eux sont totalement dépourvus de parfums au fort pouvoir allergène et de muscs polycycliques. Ainsi, les bains moussants des marques Lacura, Jovial, Dove et Biokosma obtiennent l’appréciation «très bon». Sept autres liquides ont été jugés «bon», tandis qu’un seul, l’Aroma de Palmolive, a reçu la mention «satisfaisant». A noter que ce dernier est le seul à contenir des muscs polycycliques, composés qui ne se dégradent pas facilement et s’accumulent dans le corps. Or, ce constat n’a pas déclenché de vagues chez Palmolive, qui s’abrite derrière les prescriptions légales autorisant ces substances.

Traces de dioxane

En revanche, la totalité des bains moussants testés contient du dioxane. Des analyses effectuées sur des animaux ont montré que cette substance peut provoquer le cancer. En cosmétique, des traces sont tolérées à un taux maximal de 10 mg/kg. Concrètement, le dioxane apparaît lors de la fabrication des matières premières entrant dans la composition des crèmes pour le bain. Toutefois, par un procédé technique spécifique, les fabricants peuvent en réduire la concentration. Les teneurs mesurées ici varient fortement selon les produits: les flacons Prix Garantie, Cadeavera, Fa, Fenjal et Palmolive en contiennent jusqu’à quatre fois plus que le Jovial, de Denner. Appliquant le principe de précaution, l’Office pour la santé et la sécurité des denrées alimentaires de Bayern (Allemagne) précise que ces quantités devraient être aussi faibles que les moyens techniques le permettent. C’est pourquoi nous avons pénalisé les produits qui en contenaient beaucoup, même si ces valeurs sont au-dessous du seuil de tolérance. Face à ces résultats, les fabricants n’ont pas manqué de nous faire remarquer qu’ils respectaient tous la réglementation en vigueur.

Le naturel déçoit

Plus surprenant: les experts ont aussi détecté la présence de dioxane dans le bain moussant naturel Biokosma. Alors que les fabricants de cosmétiques qui suivent cette ligne s’engagent à renoncer aux matières premières suspectes, la marque Biokosma indique que ce composant contribue à l’action nettoyante de la crème et qu’il est donc inévitable.

De son côté, le Ministère américain de la santé conseille aux consommateurs de fuir les savons, shampoings et bains moussants qui contiennent ce composant en traquant sur les étiquettes les indications suivantes: PEG, polyéthylène, polyéthylène glycol, polyoxyéthylène ou les terminaisons –eth ou –oxynol.

Beat Camenzind / élo

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