
«Je ne vois presque rien!»
La dégénérescence maculaire liée à l’âge affecte une personne sur quatre dès 75 ans. S’il n’est pour l’heure pas possible d’en guérir, son évolution vers la cécité peut être ralentie.
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la principale cause de malvoyance chez les seniors: à partir de 75 ans, une personne sur quatre en est atteinte à des degrés divers. Cette altération de la vision, due à la dégradation de la macula (petite zone située à l’arrière de l’œil, là où l’acuité visuelle est maximale), entraîne une perte progressive de la vision centrale. La maladie se traduit par une gêne visuelle peu perceptible au stade précoce. Dans les formes plus avancées, les lésions altèrent plus fortement la vue, pouvant créer une zone aveugle, augmentant peu à peu de taille, et finalement entraînant une forte gêne pour toutes les activités qui nécessitent une vision centrale fine: lire, regarder la télévision, conduire, coudre, reconnaître les visages, etc.
Il existe deux formes de DMLA de type avancé: sèche et humide. Celles-ci ne correspondent pas à différents stades de la maladie, mais sont des atteintes différentes:
- La forme atrophique (sèche) évolue lentement, mais de manière irréversible, vers la cécité.
- La forme néovasculaire (humide) est la forme la plus grave. Elle conduit rapidement, en quelques mois, voire en quelques semaines, à un effondrement de la vision.
Les symptômes
La DMLA étant la première cause de cécité dans les pays industrialisés, il est important d’établir un diagnostic précoce afin de mettre en place un traitement adapté et d’éviter une cécité irréversible (lire l’encadré).
C’est pourquoi, les ophtalmologues recommandent aux personnes âgées de 50 ans et plus, sans symptômes, d’effectuer un contrôle de la vision tous les trois ans. Cependant, en cas de signes inquiétants comme des taches obscures fixes dans le champ visuel, ou une déformation des lignes (voir grille ci-dessous), une consultation ophtalmologique devient urgente. Des difficultés d’adaptation lors de variation d’éclairage sont beaucoup moins préoccupantes, mais peuvent être le signe d’une forme précoce de la DMLA.
L’âge est le principal facteur de risque, mais plusieurs facteurs génétiques jouent également un rôle. Si la maladie touche un peu plus souvent les femmes, fumer multiplie les risques au moins par deux. Certaines études pointent du doigt l’hypertension, l’obésité ou une alimentation trop grasse, mais sans trop de certitudes.
Zeynep Ersan Berdoz


