
Pas facile de vouloir réparer du Jura
Jura n’est pas toujours en mesure de permettre qu’on répare ses machines à café Impressa, malgré la signature d’une convention avec la ComCo. La Bonne Combine dénonce à nouveau.
Zuite à un abondant courrier de lecteurs, Bon à Savoir dénonçait en novembre 1999, dans cette même rubrique, l’astuce trouvée par la maison Jura pour obliger ses clients à ne confier leur machine à café Impressa qu’à la maison mère ou à un service «agréé». La carte électronique de la machine permettait même de faire encore mieux, puisque l’Impressa s’arrêtait après 3000 cafés en affichant «service requis»!
On peut imaginer que les réclamations ont été nombreuses. Toujours est-il que les nouveaux modèles Impressa (séries E, F et S) peuvent offrir des cafés même après que l’ordinateur de bord a affiché son invitation à effectuer un service.
Pour éviter à ses clients d’avoir à emballer et envoyer par La Poste leur machine
à café, La Bonne Combine a souhaité connaître les conditions auxquelles elle pourrait obtenir le matériel informatique et les pièces nécessaires. Une des conditions posées par Jura était alors de vendre pour 70 000 fr. de machines neuves par an. Belle incitation pour vendre du neuf plutôt que de réparer!
Une dénonciation a donc été déposée auprès de la Commission fédérale de la concurrence (ComCo). Dans un premier temps, la Commission a considéré que les consommateurs étaient libres de choisir une autre marque s’ils jugeaient que le service après-vente Jura était insatisfaisant. Mais, en 2001, la ComCo s’est mise à montrer les dents à l’égard des ententes verticales, notamment dans le domaine de la réparation des voitures par des «concessionnaires exclusifs».
Longue négociation
Suite à ce changement politique assez clair, nous avions relancé la procédure. Une longue négociation avec les avocats de Jura s’en est suivie. Elle a finalement débouché sur la signature d’une convention (non publiée) entre la ComCo et
Jura, par laquelle Jura s’engageait à offrir la possibilité à tout réparateur indépendant – et pouvant démontrer un niveau minimum de compétence – d’effectuer des réparations et de se faire livrer des pièces détachées.
La convention précisait encore que «Jura ne peut pas lier le service après-vente de ses machines à café à leur vente».
Hâte-toi lentement
Fort de cet engagement, l’atelier de réparation La Bonne Combine a immédiatement demandé qu’on lui fournisse le matériel nécessaire. On était alors en avril 2003. Depuis lors, Jura a entamé une partie de «hâte-toi lentement», demandant de nouveaux délais et repoussant les rendez-vous les uns après les autres. Avant toute chose – et probablement pour nous faire lâcher prise – la fabrique nous a fait parvenir une liste invraisemblable de pièces détachées que nous devrions acheter, pour un total de 15 000 francs. Mais toujours pas de contrat, ni de date pour une formation technique à l’usine.
Ainsi, quatre ans après avoir dénoncé le cas à la ComCo, La Bonne Combine ne peut toujours pas réparer les automates à café Jura Impressa et les clients continuent à se débrouiller pour les envoyer par La Poste à leurs frais. Comme l’avait déjà dit la ComCo, la libre concurrence demeure et chacun peut choisir la marque qui lui convient…
François Marthaler
La Bonne Combine
Réparations en tous genres
4, rte de Renens - 1008 Prilly

