
Le retour du bronze
Jusqu’en 1995 environ, 80% des machines à café de ménage étaient équipées d’une chaudière composée de deux parties en bronze. Cet alliage avait l’avantage de résister à la corrosion. Lorsque le tartre s’accumule dans cette sorte de «bocal», on peut toujours l’ouvrir, le nettoyer et
le remonter – non sans avoir remplacer le ou les joint(s) garantissant l’étanchéité.
Aujourd’hui, les chaudières en aluminium injecté, fabriquées en grande série, équipent la presque totalité des machines. La fonte d’aluminium coûte moins cher et les techniques d’injection se sont considérablement améliorées.
Revers de la médaille: l’aluminium s’oxyde rapidement et réagit mal à la présence de calcaire. Certaines machines (par exemple Gaggia Baby ou Coffee, Turmix TX 10) ont été équipées de boilers en fonte d’aluminium dès le début des années 80. Mais les parois
de ces chaudières étaient si épaisses (jusqu’à 10 mm) qu’il fallait des années pour que
la corrosion parvienne à les perforer.
Parois plus minces et pas démontables
Aujourd’hui, les parois sont devenues très minces et elles ne sont plus démontables, leurs deux «carters» étant assemblés par sertissage. Dès que la machine est trop entartrée ou que la corrosion a eu raison de l’étanchéité du sertissage, il faut remplacer la chaudière complète – pour autant qu’elle soit encore livrable! Compte tenu des menus travaux de révision nécessaires, l’opération se solde en général par une facture d’environ 180 fr. Pour les automates à café de type Jura Impressa ou Saeco Vienna (vendues 600 à 950 fr.), ou les machines de type Nespresso, dont le prix à neuf excède 450 fr., la réparation peut être raisonnablement encouragée. On atteint en revanche les limites du tolérable lorsque l’appareil a coûté 300 fr. seulement.
Le fabricant italien Francis Francis s’est aperçu de la faible durabilité de ses chaudières et propose depuis août 2002 un modèle X 1 sur lequel le boiler en aluminium a été remplacé par une pièce en bronze.
Cette machine sera donc réparable. Une révision ou la réparation d’une fuite sur la chaudière coûtera probablement quelque 120 fr., un coût d’autant plus raisonnable que la machine vaut 650 fr. Si cela lui permet de durer 10 ou 15 ans au lieu de 3 ou 5 ans, on aura démontré une fois de plus que la qualité ne coûte pas si cher que cela.
Reste que des milliers de machines plus anciennes fonctionnent encore et méritent d’être réparées, puisque dans 80% des cas leur conception le permet. Espérons que les fabricants finiront tous par retourner à l’âge du bronze!
François Marthaler
(*) La Bonne Combine
Réparations en tous genres
4, rte de Renens – 1008 Prilly

