
Réparer, plus cher que racheter
Fin août 2001, une jeune femme tombe en arrêt devant une cuisinière électrique vitrocéramique Indesit soldée à 799 fr. chez Media Markt. L’appareil disposant d’un four à air chaud, l’affaire est trop belle. Moyennant un supplément de 80 fr., elle se fait livrer
la cuisinière et s’acquitte encore de 25 fr. pour le débarras de l’ancienne. L’appareil étant livré sans cordon ni fiche électrique, elle trouve un copain un peu électricien pour le lui installer. La jeune femme est enchantée. Mais un matin, quatre mois plus tard, quelle n’est pas sa stupeur de découvrir que la platine vitrocéramique est fendue de part en part!
La maison chargée du service après-vente se refusant à admettre que la cliente n’y est pour rien, la prise en charge de la réparation sous garantie n’entre pas en ligne de compte. A lui tout seul, le plateau vitrocéramique coûte 600 à 700 fr. «Difficile d’être plus précis, car personne n’a jamais commandé une telle pièce de rechange!» Dépitée et désécurisée, la jeune femme a finalement renoncé à la réparation au profit d’une cuisinière d’occasion…
Pourquoi si cher?
Pourquoi le verre céramique est-il si cher? Et comment une pièce de rechange peut-elle atteindre pratiquement la valeur de l’appareil?
Le marché des plans de cuisson vitrocéramiques se partage entre la multinationale allemande Schott sous la marque déposée Ceran® et le français Eurokera (groupe Saint-Gobain). Le prix d’une platine vitrocéramique sur lequel le verre est vulcanisé, oscille entre 500 et 1000 fr. suivant la marque. A ce prix-là, pratiquement personne ne répare. Une exception toutefois: la maison Rotel vend des cuisinières de fabrication turque (BEKO) pour lesquelles la pièce de rechange coûte entre 200 et 300 fr. Il s’agit pourtant d’un élément de marque Ceran®!
Pour des séries d’une centaine de pièces, le prix d’usine dépasse 100 fr. par unité. Mais, comme le relève Eurokera, ce coût serait fortement réduit si les dimensions des verres étaient standardisées plutôt que de décliner 1500 articles différents! On pourrait alors acheter la pièce chez le fournisseur le moins gourmand et faire durer l’appareil plus de quatre mois… En attendant que les fabricants se préoccupent de «développement durable», il vaut peut-être mieux en rester à la cuisinière classique équipée de plaques en fonte qui, elles, sont standard!
François Marthaler
(*) La Bonne Combine
Réparations en tous genres
4, rte de Renens – 1008 Prilly

