
Machines à laver en «plastaga»
Pièce maîtresse d’une machine à laver le linge, la cuve est cette sorte de gros tonneau dans lequel tourne le tambour. Viennent s’y fixer presque tous les éléments vitaux de l’appareil: moteur, palier et roulements du tambour, suspensions, tuyaux d’admission et de vidange de l’eau, joint de porte, thermostats, corps de chauffe, etc.
Durant des années, cette pièce était fabriquée en acier émaillé. L’émail ne résistant pas aux chocs provoqués par une pièce de monnaie ou un clou oublié dans une poche, on a observé que l’acier pouvait rapidement se laisser perforer par la rouille. Dès lors, la cuve des meilleurs lave-linge a été faite en acier inoxydable. Plus cher, mais presque éternel.
Depuis quelques années, certains fabricants dégourdis s’essayent à réaliser des cuves en plastique: matière première dix fois moins chère, pas d’usinage puisque la pièce sort toute prête d’un moule géant. Ce prodige est rendu possible par l’apparition de plastiques armés (principalement avec des fibres de verre). Mais il manque aux plastiques une qualité essentielle: la résistance à la chaleur. Après quelques dizaines de lavages à 95 degrés, il se déforme déjà. Ainsi, l’étanchéité de la cuve n’est pas garantie. Et si elle a des fuites, c’est toute la machine qui devra être remplacée. Avec la bonne conscience pour soi, puisque l’ancienne sera recyclée. Enfin, ce qui peut l’être! En tout cas pas la cuve...
Un tour d’horizon avisé chez Conforama a permis d’observer que près d’un tiers des modèles proposés avait une cuve plastique. Certes, les prix sont alléchants (Candy V 51.0 soldée à 395 fr.). Toutefois, «matière plastique» ne rime pas forcément avec «tout bas de gamme» (Whirlpool AVM203 à 949 fr.). Dès lors, comment ne pas dire au client qu’il s’apprête à acheter une machine en «plastaga»? En positivant les choses avec une mention partielle: «tambour en acier inoxydable»! Nulle mention de la matière de la cuve, donc. Les meilleures machines affichent, elles: «cuve et tambour en inox». La morale de cette histoire: un solide mensonge par omission vaut mieux qu’une vérité en plastique...
François Marthaler
(*) La Bonne Combine
Réparations en tous genres
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