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L’assurance RC auto: un parachute bizarre

L’assurance responsabilité civile auto est indispensable. Mais il s’agit d’un parachute à géométrie variable, car les primes à payer dépendent d’une série de critères souvent même inconnus du client.

C’est vrai: les primes pour l’assurance maladie obligatoire sont élevées. Mais au moins elles sont claires, et les rabais (pour enfants, étudiants...), tout comme les possibilités d’économie (franchises à option, réseau santé...) sont transparents.

Il en va tout autrement avec les assurances RC automobile! Elles sont certes nettement moins chères, mais leur système de tarification tient du secret d’Etat. Pour des mêmes prestations, chaque client va en effet payer une prime différente, en fonction d’un profil individuel bricolé à partir de critères (âge, sexe, expérience, nationalité, etc.) qui changent d’un assureur à l’autre. Or, impossible – le plus souvent – d’obtenir une liste exacte de ces critères et de leur influence sur le calcul des primes.

On connaît pourtant les principaux facteurs retenus par les assureurs pour classer leurs clients:

  • Age et sexe
    Les jeunes conducteurs sont surtarifés parce qu’ils provoquent plus souvent des accidents et représentent donc un plus mauvais risque. Certaines
    compagnies offrent des rabais aux femmes. D’autres, comme par exemple Secura, augmentent les tarifs des rentiers.
  • Expérience de la conduite
    L’expérience joue un rôle primordial: une personne qui possède le permis de conduire depuis de nombreuses années bénéficiera de tarifs avantageux.
  • Kilométrage annuel
    Plus on roule, plus on augmente le risque d’accident, donc plus on paie.
  • Lieu d’habitation
    Les Suisses romands et les Tessinois sont considérés comme des personnes à plus grands risques que leurs compatriotes alémaniques, tout comme les habitants d’une région limitrophe et les citadins.
  • Nationalité
    Les conducteurs originaires des pays de l’Est ou du Sud vont souvent payer le prix fort, parce que, selon les statistiques, ils provoqueraient plus souvent des accidents que les autres assurés.
  • Modèle du véhicule
    Les grosses voitures, plus puissantes et plus chères, seront surtarifées. En contrepartie, leur équipement plus sûr (par exemple ABS ou airbag) peut faire baisser les prix.

Bons ou mauvais risques

Pour pouvoir comparer, il faut donc commencer par définir si vous êtes un bon ou un mauvais risque. Le tableau ci-contre va vous y aider.

Reportez-vous ensuite aux tableaux des bas de pages, en fonction de votre profil et de la classe de votre véhicule, et en tenant compte des remarques suivantes:

La comparaison porte sur la prime de base annuelle pour une petite voiture (par exemple Peugeot 106) et une voiture de classe moyenne (par exemple Opel Vectra). Pour une voiture de classe supérieure (par exemple BMW 528i), compter entre 0 et 45% en plus des tarifs indiqués pour les véhicules de classe moyenne.

Le classement a été réalisé en fonction de la prime annuelle de base (100%). Mais attention: une société peut très bien afficher une prime de base élevée, tout en restant compétitive après avoir déduit le rabais maximal. Et vice versa, bien sûr! Voilà pourquoi nous avons également mentionné la prime après déduction du rabais maximal.

Pour le TCS, il faut ajouter les frais de sociétariat (entre 70 et 86 fr. suivant la section).

Cette comparaison vous donne seulement un ordre de grandeur des primes à payer. Il suffit en effet que l’équipement change pour que le prix fasse de même. Sans parler de votre profil très individualisé (lire page suivante).

Bonus négociable

Le système du bonus et du malus permet de récompenser les bons conducteurs et de sanctionner les moins bons. Chaque année sans accident est en effet gratifiée d’une réduction exprimée en pour cent, jusqu’à ne payer parfois plus que 30% de la prime de base. Mais chaque sinistre est lui aussi sanctionné d’une augmentation, pouvant amener largement au-dessus des 100% de la prime de base.

Du coup, le bonus est devenu un objet de négociation. On devrait logiquement commencer un premier contrat avec une prime de base de 100%, mais certaines compagnies accordent des réductions de 20% déjà à des assurés pourtant jeunes et sans longue pratique de la conduite. Et lors d’un transfert de police, certaines compagnies font une fleur à leur nouvel assuré en le reprenant à un bonus plus bas que celui appliqué par leur ancien assureur. D’autres font de même si leur client possède une autre police auprès de leur société (par exemple une assurance ménage ou vie). La négociation est donc très conseillée!

En cas d’accident

Les bons risques, qui ont d’ores et déjà atteint le bonus maximal, n’ont plus qu’un souci: comment vont-ils être traités en cas d’accident? La Nationale fermera exceptionnellement les yeux: la prime ne bouge donc pas. Idem auprès de la Zurich et de Secura, mais contre le paiement d’une prime supplémentaire. En revanche, la Bâloise, le TCS et Züritel se montrent impitoyables: en cas d’accident, la prime augmente de 67% d’un coup!
A l’inverse, un malus peut normalement monter jusqu’à 200% ou 350% selon les compagnies. Mais la plupart d’entre elles résilient tout simplement le contrat de ceux qui pourraient arriver à de tels sommets, ce qu’elle est en droit de faire.

Avant de signer:

  • Demandez au moins trois offres et n’acceptez qu’un contrat d’une année avec renouvellement annuel tacite.
    FRemplissez le formulaire avec soin et sincérité. Si l’assureur découvre une erreur (par exemple un accident non déclaré), il peut se rétracter après coup et exiger le remboursement d’éventuels paiements suite à un sinistre. N’indiquez surtout pas le nom d’un autre conducteur (même s’il est un meilleur risque) si c’est vous qui roulez le plus souvent.
  • Conservez les informations que vous fournissez à la compagnie d’assurance (p. ex. le nombre de kilomètres par année). Si la situation change de façon significative, faites-le savoir à votre assureur sans tarder.
  • Négociez votre bonus! Un conducteur bénéficiant d’une longue expérience sans accident devrait sans autre obtenir le bonus maximal. A l’inverse, les dangers du volant doivent s’attendre à de nombreuses réticences. Une compagnie n’a en effet aucune obligation d’assurer un conducteur.
    FCertaines compagnies font des offres particulières aux jeunes conducteurs en dessous de 25 ans, par exemple le TCS, la Winterthur et la Mobilière.
  • Certaines grandes entreprises et fédérations professionnelles obtiennent des conditions spéciales pour leurs membres. Informez-vous.
  • Certaines compagnies offrent des rabais aux femmes (entre 2 et 14%). En tel cas, il vaut parfois la peine d’assurer le véhicule familial au nom de la femme, mais seulement si c’est effectivement elle qui roule le plus souvent avec ce véhicule. Les compagnies qui n’offrent pas un tel rabais:
    La Bâloise, TCS, Mobilière, Nationale, et Winterthur.
  • En cas de négligence grave (p.ex. priorité pas respectée, dépassement risqué ou dépassement de la ligne de sécurité), l’assureur peut restreindre ses paiements. La Vaudoise renonce à ce genre de restriction. La Bâloise et le TCS aussi, mais seulement si le permis de conduire n’est pas retiré. D’autres compagnies, telles La Bernoise, Elvia, Secura ou Zurich, ne le font que moyennant une prime supplémentaire (environ 50 fr.). Mais ces exceptions ne sont valables que si le conducteur n’est pas sous influence d’alcool ou de drogue au moment de l’accident.

Pour télécharger le tableau comparatif, se référer à l'encadré au-dessous de la photo.