
C’est l’accumulateur qui tue les appareils
Rasoir muet, brosse à dents souffreteuse, c’est généralement l’accu qui se meurt.
De plus en plus d’appareils sont proposés avec accumulateur. Le téléphone mobile, la perceuse, la tondeuse à barbe, voire le mixer n’ont plus de fil à la patte. Plus commode, mais moins durable. En théorie, un accumulateur au nickel-cadmium (Ni-Cd) est fait pour endurer des centaines de charges et décharges. Dans la pratique — et peu importe si c’est par la négligence de l’utilisateur — il n’est pas rare qu’il ne tienne plus la charge après une ou deux années seulement.
Bien évidemment, on peut faire remplacer l’accumulateur. Mais l’opération n’est pas toujours simple. En particulier lorsqu’il s’agit d’appareils qu’on utilise généralement à la cuisine ou dans la salle de bains et qui ont un boîtier étanche, en plastique collé ou clipsé. Dans ces cas, le renvoi à l’usine s’impose. D’autant plus que ces accumulateurs sont de formes et de tailles très variables. Sauf exception, on ne pourra donc pas les remplacer soi-même par les accumulateurs standard que l’on trouve dans les grandes surfaces (formats «micro», «mignon» ...). Et bien entendu, les accumulateurs d’origine sont vendus grosso modo deux fois plus cher...
Un problème pour l’environnement
Si l’on renonce à faire réparer le rasoir en panne (60 fr. à 140 fr. selon le modèle), on va le jeter, probablement sans prendre la peine d’en retirer l’accumulateur. Et si l’appareil est incinéré avec les ordures ménagères, cet élément va entraîner une pollution très notable. On estime en effet que les piles et accumulateurs sont responsables de 70 à 80% des émissions de mercure et de cadmium des usines d’incinération.
Une occasion de rappeler qu’une taxe anticipée de recyclage est perçue sur toutes les sortes de piles — y compris celles contenues dans les appareils — et que leur prise en charge est donc gratuite dans tous les commerces qui en vendent.
Autre souci: l’énergie. Fabriquer une pile consomme entre 50 et
150 fois plus d’énergie qu’elle ne peut en fournir sur sa durée de vie. Voilà qui explique en grande partie que le prix du courant électrique restitué par une pile ou un accumulateur dépasse allègrement 100 fr. par kilowattheure (contre 25 ct. s’il est pris au réseau). Dès lors, mieux vaut renoncer aux appareils à «accu» dans tous les cas où l’on peut s’en passer. Qui n’a pas de prise rasoir à proximité du miroir de la salle de bains?
François Marthaler
(*) La Bonne Combine
Réparations en tous genres
4, rte de Renens – 1008 Prilly

