
13 tirages numériques: les photos numériques vieillissent souvent mal
Nous avons soumis des tirages de photos numériques au test de sensibilité à la lumière. Quel que soit le mode d’impression, excepté pour deux labos, les résultats obtenus ne sont pas brillants.
Au sortir de la pochette, les photos numériques fraîchement développées affichent de lumineuses couleurs. Notre dernier test de labos photo avait d’ailleurs révélé une majorité de bons résultats et aucun vraiment mauvais (BàS 07/2005*). Cependant, au fil du temps, les couleurs s’estompent. Si on ne protège pas suffisamment les clichés de la lumière, on risque ainsi d’avoir de vilaines surprises en relativement peu de temps.
Avec notre partenaire alémanique K-Tipp, nous avons donc soumis différents tirages numériques à un test de vieillissement accéléré. Et avons varié la provenance de ces images: laboratoires, kiosques à photos (bornes disposées dans les commerces et les gares) et imprimantes photo ont ainsi été mis à l’épreuve. A chaque fois, nous avons tiré les mêmes clichés ainsi qu’une palette de couleurs témoin.
Résultats inquiétants
De manière générale, et quel que soit le mode de tirage des photos, les résultats sont franchement médiocres. A deux exceptions près, toutes les images ont perdu en contrastes, avec des dominances parfois plus fortes dans certaines couleurs (voir tableau).
Le constat est sans appel, d’autant qu’il provient d’un laboratoire spécialisé dans le contrôle qualité des couleurs. C’est en effet le Centre de compétence suisse des technologies des médias et de l’imprimerie (Ugra), à Saint-Gall, qui s’en est chargé. Les clichés y ont subi l’équivalent d’une année d’exposition au soleil, grâce un simulateur permettant sa reproduction en accéléré. Guy Flüeli, chef de projet à l’Ugra, est catégorique: «Excepté les deux premiers échantillons (réd: ExtraFilm et Fujicolor), tous les autres sont d’une qualité inacceptable.»
Seule bonne nouvelle, aucun jaunissement des zones blanches n’a été observé, excepté légèrement sur les tirages de Fotolabo.
Quelques explications
Parmi les laboratoires testés, Migros est celui qui s’en sort le moins bien. En fait, les tirages numériques commandés via le site de Migros Photo Service sont traités par CeWe Color, en Allemagne. Interrogée, cette société ne s’explique pas de si mauvais résultats: «Nous effectuons régulièrement des contrôles de qualité incluant la résistance à la lumière», assure le chef de production Daniel Kubiak, qui a demandé des explications à son fournisseur de papier photo.
Toutes catégories confondues, les plus mauvais résultats sont venus d’un automate Prontophot (les couleurs se sont toutes dégradées, ne laissant qu’un cinquième de leur intensité). A Dübendorf (ZH), Simone Maurer s’étonne aussi de ces résultats. Elle explique que les appareils Prontophot utilisent le procédé de sublimation thermique (lire l’encadré) et promet d’interpeller le fabricant, Mitsubishi.
Stephan Dietrich / yac
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A domicile
Fabriquer ses photos soi-même à la maison est possible depuis longtemps avec n’importe quelle imprimante à jet d’encre. Et l’apparition des imprimantes photo, prévues pour les formats de papier usuels, a rendu les tirages maison encore plus accessibles grâce à leur portabilité et à leur simplicité d’utilisation. On peut en effet brancher son appareil photo ou sa carte mémoire directement sur l’imprimante et sélectionner les clichés à imprimer grâce à un écran intégré, tout ceci sans devoir passer par l’ordinateur.
Fortes dégradations
A titre indicatif, nous avons donc également soumis les tirages de trois imprimantes photo au test du vieillissement des couleurs. Le résultat n’est pas brillant, puisque les clichés de deux modèles (Canon Selphy 810 et Seplhy 510) ont subi de fortes modifications. Les photos de l’imprimante Olympus P-10 ont même montré de très forts changements.
Deux systèmes se côtoient
Les imprimantes traditionnelles fonctionnent avec le système à jet d’encre. On y insère une cartouche pour chaque couleur (cyan, magenta et jaune) et une pour le noir. L’imprimante juxtapose les couleurs sous formes de points minuscules qui, observés à l’œil nu, se mélangent par effet d’optique. C’est le cas des imprimantes pour feuilles A4 traditionnelles, mais aussi de certaines imprimantes photo, comme ici la Canon Selphy 810.
D’autres imprimantes photo (ici la Canon Selphy 510 et la Olympus P-10) procèdent par sublimation thermique: des microgouttes de cires pigmentées sont vaporisées sur le papier. Superposées, celles-ci forment un réel mélange de couleurs sur lequel est encore appliquée une couche de vernis protecteur.

