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12 casques vélos: de quoi perdre la tête

Les têtes intelligentes se protègent – encore faut-il trouver la bonne protection. Pas facile, sachant que 6 casques sur les 12 testés, dont un modèle vendu par la SUVA, sont jugés insatisfaisants!

Les têtes intelligentes se protègent: un slogan de prévention bien imprégné dans tous les cerveaux de Suisse, dont ceux des cyclistes. Mais un casque ne protège que s’il amortit vraiment le choc en cas de chute sur la tête, et qu’il reste bien en place. Pour le garantir, les fabricants sont obligés de faire tester chaque modèle par un institut spécialisé avant de le mettre en vente. En Suisse, comme en Europe, c’est la norme EN 1078 qui fait foi. Les fabricants reçoi-
vent le sigle CE si leurs casques passent le test selon cette norme. Bon à Savoir a donc voulu s’assurer que les douze modèles pour adultes les plus vendus en Suisse le méritent vraiment.
Le résultat est plus qu’alarmant: six des douze casques testés par l’Institut fédéral de recherche en matériaux (EMPA) de Saint-Gall ne méritent pas qu’on leur confie sa tête (voir tableau)! Alarmant surtout lorsqu’on sait que sur les 41 cyclistes morts en 1999, 30 ont succombé à des blessures crâniennes. Ironie du sort: parmi les casques jugés insuffisants, on trouve le Cyber 2 de Met, un modèle vendu par la SUVA dans le cadre de
sa campagne de prévention Suvaliv!

Trois épreuves
Les spécialistes de l’EMPA ont fait subir plusieurs épreuves aux casques:
• Propriétés d’amortissement: comment la protection amortit-elle une chute? Pour ce faire, les experts ont simulé deux chutes, à 19 km/h sur une surface plate et à 15 km/h sur un rebord. Objectif: évaluer le casque en cas de chute sur le bitume ou un bord de trottoir.
• Tenue du casque: peut-il être arraché d’un coup sec?
• Déformation des courroies et de leur fixation: les courroies se déforment-elles lors d’une forte traction, telle qu’elle pourrait s’exercer lors d’un accident?
Les trois phases du test ont été effectuées en suivant les directives de la norme EN 1078. Les modèles qui les ont ratées n’auraient donc pas obtenu la certification de la part de l’EMPA.

Les meilleurs
Six modèles seulement ont été jugés conformes:
• Leopard Allround, Coop
• Crosswave, Migros
• Leopard Freesby, Coop
• Team Twinner Casco Bike,
• Briko
• Vento, Maxi
• Gila, Giro
Les six autres modèles ont été jugés «insatisfaisant», car ils ne correspondent pas au standard de sécurité légal. Ils ne devraient donc être vendus ni en Suisse ni dans les pays de l’Union européenne. Lazer Ultrax 240 et Alpina Twister n’ont pas obtenu le minimum de points pour la qualité d’amortissement de chocs. Alors que Anaxagore et Cyber 2 du fabricant italien Met ont manqué le test de tenue.
Mais il y a pire: les casques Uvex Boss RS2 et Cratoni Mountain Champ ont raté les deux épreuves! Le second n’a d’ailleurs même pas pu être soumis à la dernière phase du test, car il n’avait pas survécu à la phase précédente...

Les pires
Côté fabricants, les réactions sont diverses. Cilo a demandé qu’on lui restitue le Cratoni Mountain Champ pour l’examiner de son côté. Le directeur, Michael Lüthi prend l’affaire très au sérieux.
Le fabricant italien Met – dont le Cyber 2 est vendu par la SUVA – n’a pas pris position sur les résultats, mais a également demandé les casques testés pour les analyser. A la SUVA, Barbara Salm se réjouit d’avoir été rendue attentive à ces lacunes: «Nous allons immédiatement faire tester trois autres casques de ce modèle par l’EMPA.»
Alpina ne comprend pas ses mauvais résultats et va également faire commander une autre série de tests à l’EMPA.
Seul Uvex conteste ces résultats. Le directeur, Markus Ott, renvoie à l’examen de certification réussi par le Boss RS2. Le comportement du casque testé serait une exception. Nous avons donc à nouveau soumis un exemplaire du Boss RS2 au test d’amortissement. Résultat: il a cette fois passé l’épreuve et aurait donc obtenu un «satisfaisant» pour ce critère.
Uvex conteste aussi le mauvais résultat obtenu dans le test de tenue de son casque. L’EMPA aurait commis une erreur. Ce que dément l’Institut fédéral.
Selon Jörg Thoma du Bureau de prévention des accidents, il arrive régulièrement «que des modèles certifiés n’atteignent pas les valeurs exigées». Et tant pis pour le cycliste !
Siegfried Derler, de l’EMPA, explique le mauvais résultat du test par le fait que les casques doivent remplir de hautes exigences côté confort et aspect. Les fabricants essaient de produire des modèles aux grands trous d’aération (également exigés par l’EN 1078) et bien coupés. Mais arrive un moment où il reste si peu de matériau sur le casque qu’il en devient trop faible...

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