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28 téléphones mobiles: les mobiles échauffent toujours les esprits

Certains mobiles émettent six fois plus de rayons que d’autres. Les fabricants taisent ces valeurs au consommateur. Notre test de 28 modèles vous dit quel appareil choisir.

Le rayonnement des téléphones nuit-il à la santé? Aucune étude n’a encore réussi à le prouver, ni à le démentir. Dans le doute, mieux vaut donc diminuer au mieux l’exposition à ces rayons. Précaution particulièrement indiquée pour les jeunes utilisateurs, comme l’a récemment souligné une commission d’experts, mandatée par le gouvernement britannique: «Les enfants devraient utiliser le moins possible les téléphones mobiles.»

Car le principe même d’un tel appareil, c’est d’émettre et de recevoir des ondes. Lorsqu’il émet, il diffuse un rayonnement dit non ionisant, qui réchauffe les tissus du corps se trouvant à proximité, par exemple ceux de la tête. Une énergie qui est donc susceptible de chauffer le cerveau ou les yeux.

Fabricants insouciants

Les fabricants de téléphones mobiles le savent. Pourtant, ils ne s’en soucient guère vu les résultats de notre test des 28 appareils de dernière génération (900 megahertz) les plus vendus.

Deux modèles seulement, le Nokia 8850 et l’Aria de Trium émettent très peu ou peu de rayonnement. Les 26 autres exposent nos têtes à des rayons d’intensité moyenne à forte (voir tableaux ci-dessous et en pp. 22-23).

Le rayonnement des téléphones a été mesuré par la firme australienne EMC Technologies. La méthode et les appareils de mesure de l’absorption des rayonnements dans la tête ont été développés par un chercheur zurichois, Niels Kuster. Cela permet d’établir le taux d’absorption spécifique (TAS) pour chaque appareil. Soit la quantité d’énergie en watts par kilo de poids corporel que le crâne absorbe pendant une communication. Plus ce taux est élevé, plus l’appareil chauffe les tissus à proximité.

Echelle d’appréciation

A l’OFSP (Office fédéral de la santé publique), Mirjana Moser estime insuffisante la seule indication du TAS, qui ne dit pas grand-chose au consommateur. Elle souhaite donc en plus une échelle d’évaluation indiquant clairement avec quel mobile on s’expose à un rayonnement fort, moins fort ou faible: «Nous ne pouvons pas déclarer que le rayonnement d’un Natel qui respecte la valeur limite de 2,0 watts par kilo (réd.: fixée par le Comité européen de normalisation électronqiue) est «fort». Mais nous pouvons indiquer quel pourcentage de cette valeur limite il atteint.» Elle propose donc l’échelle suivante, qui nous a servi pour établir notre appréciation:

  • très faible: moins de 12,5% de la valeur limite (2,0 watts);
  • faible: 12,5 à 25% de la valeur limite;
  • moyen: 25,1 à 50% de la valeur limite;
  • fort: 50,1 à 100% de la valeur limite.

Consommateurs inquiets

L’indication serait certes appréciée des consommateurs inquiets, qui ne cessent de demander quels appareils émettent le moins de rayons. C’est le constat fait tant par Kyra Hofmann, qui dirige le service téléphones mobiles de Media-Markt à Dietlikon (ZH), que par Mirjana Moser de l’OFSP.

Du côté des défenseurs des consommateurs, on exige d’ailleurs de longue date une déclaration des valeurs TAS de la part des fabricants. Mais ceux-ci rechignent encore à les faire figurer clairement sur l’emballage comme le souhaitent les autorités. Ils voudraient simplement indiquer le taux d’émission dans le mode d’emploi. Les trois grands du mobile – Ericsson, Motorola et Nokia – se sont certes engagés à ratifier en début de l’année prochaine une norme pour définir une méthode unique de mesure. Mais eux aussi veulent seulement indiquer les valeurs sur une feuille volante dans l’emballage, ou dans le mode d’emploi. Or, rares sont ceux qui le lisent au moment de l’achat!

D’ailleurs, même si les fabricants nous informent un jour clairement sur le rayonnement de leurs appareils, un doute persistera, car ces valeurs sont fournies par les fabricants eux-mêmes, sans contrôle des autorités. C’est pourquoi la Fédération romande des consommateurs et les autres organisations de défense des consommateurs du pays exigent un contrôle indépendant de la déclaration des fabricants. Ce d’autant plus que la prochaine génération de portables, capable de transmettre des images vidéo en temps réel, émettra des ondes nettement plus fortes que les mobiles actuels.

Intérêt des fabricants

Les fabricants auraient d’ailleurs tout intérêt à fabriquer des mobiles qui envoient le rayonnement le plus loin possible de son utilisateur. Car plus la tête absorbe ces ondes, plus l’appareil utilise d’énergie pour établir une communication, vidant proportionnellement son accu. Or, l’autonomie des mobiles est leur meilleur argument de vente! Leurs fabricants feraient donc mieux de cesser de nous chauffer inutilement les neurones, et d’utiliser plutôt le rayonnement pour la transmission des appels.

Difficile également de comprendre pourquoi il existe des appareils tel le 8810 de Nokia, qui émet un très faible rayonnement, et d’autres tel le Nokia 6210, qui en émet sept fois plus. Même triste constat pour Ericsson: dans un test mené par notre partenaire alémanique K-Tip l’an dernier, le 1888 World exposait l’utilisateur a environ 65% de rayonnement en moins (TAS 0,37) que le nouveau mobile culte T28s (TAS 1,27). De même, le petit StarTac 130 de Motorola était le moins «rayonnant» à l’époque (TAS 0,07). Mais aujourd’hui, le minuscule V3690 de cette même marque «grille» les neurones en émettant 15 fois plus de rayons.

Ericsson rétorque que tous ses appareils correspondent aux valeurs limites européennes. Même point de vue chez Swisscom. Qui estime de plus que les résultats de notre test seraient fortuits, et non comparables entre eux.

Pour finir sur une note réjouissante: le Genie de Philips, qui exposait l’utilisateur à un fort rayonnement, a été remplacé par l’Ozeo, qui n’en émet plus que le tiers!

Conseils d’utilisation

Enfin, quelques conseils d’utilisation pour réduire au maximum l’exposition aux ondes de votre portable:

  • Tenez l’appareil avec l’antenne pointée vers le haut.
  • Evitez les communications longues. Contentez-vous de conversations de quelques minutes seulement.
  • Eteignez l’appareil quand vous n’en avez plus besoin.
  • Utilisez une installation mains-libres, qui permet de tenir le mobile éloigné de votre tête.
  • Enfin, n’oubliez pas qu’il est interdit de téléphoner en voiture, sous peine d’une amende de 100 fr. A moins d’utiliser justement un système mains-libres.
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