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L’argent vert existe

Placer son argent tout en gardant bonne conscience: c’est possible. Après avoir testé votre «fibre éthique» (BàS 12.1999) voici comment procéder et quelques idées de placement.

Nous l’avons vu dans notre dernière édition: il est possible de placer son argent en Bourse tout en respectant certaines règles sociales et écologiques (lire Bon à Savoir 12/99, pp. 26 et 27). Grâce à notre test, vous vous êtes peut-être découvert une fibre éthique. Et au fil de la lecture, vous avez peut-être choisi entre actions et obligations. C’est bien. Il reste cependant deux questions essentielles à vous poser:
– Primo: comment équilibrer votre portefeuille? Autrement dit: comment minimiser les risques, mais aussi comment éviter les dépenses inutiles?
– Secundo: où trouver les titres correspondant à votre fibre éthique, et comment les choisir (lire deux pages suivantes)?
La réponse à la première question tient d’abord du bon sens: si vous mettez tous vos œufs dans un seul panier et que ce panier tombe, tous vos œufs seront cassés. Il en va de même avec la Bourse – il serait imprudent de n’acheter que des titres d’une seule société. Remarque: nous ne vous conseillons pas d’investir dans les entreprises et secteurs qui suivent, mais les citons comme exemples.
• Dans un secteur donné, mieux vaut opter pour des entreprises différentes. Par exemple Novartis, Roche, Ciba SC, etc., dans le secteur de la chimie.
• Choisir aussi des secteurs différents. Par exemple: alimentaire, pharmaceutique, industriel, informatique, etc. Car un secteur entier pourrait se trouver sinistré.
• Investir aussi dans des zones géographiques différentes. Par exemple: Suisse, USA, Asie du Sud-Est, etc.
• Prévoir des durées de placement différentes. Par exemple: des actions à long terme, des obligations à un ou deux ans, sans oublier de garder, sur un compte, un avoir rapidement disponible.
Une telle diversification est impensable pour des personnes ne disposant que de petites sommes. Voilà pourquoi les banques proposent depuis longtemps des fonds de placement.

Fonds de placement
Pour proposer des fonds de placement, une banque investit, par exemple, 250 millions de francs dans plusieurs secteurs d’activités de différents pays. Elle divise ensuite cette somme en un million de parts de 250 fr. chacune. Avec 10 000 fr., vous pouvez donc acquérir 40 parts de ce fonds de placement. La banque se charge de la gestion du fonds et prélève sur vos parts, chaque année, une commission d’environ 0,2% de leur valeur. Dans un an, certains titres du fonds auront augmenté, d’autres auront baissé. La part vaudra alors peut-être, et toujours par exemple, 273 fr.
Parlons frais maintenant. Tout ce qui suit est valable aussi bien pour des placements éthiques que classiques.

Limiter les dépenses
En Suisse, la Bourse n’est pas accessible directement. Ce sont les banques qui se chargent d’acheter et de vendre les titres pour le compte des particuliers. Une commission d’environ 1% du prix total, mais 80 fr. au moins, est facturée à l’achat, tout comme à la vente. Au vu de cette commission, une transaction inférieure à 5000 fr., paraît donc peu judicieuse. Il n’est pas non plus avantageux d’acheter pour revendre dans un laps de temps trop bref, inférieur à 1 à 2 ans par exemple.
Pour les parts de fonds de placement, une commission d’environ 2% (80 fr. au min.) est également facturée, mais uniquement à l’achat.
Les droits de garde annuels, enfin, varient selon les types d’investissement. Ils se montent entre 0,15 et 0,30%, mais entre 10 et 25 fr. au moins par poste.

Côté résultat
Côté résultat, le principe est simple: il est proportionnel au risque. Imaginons trois personnes qui auraient chacune investi 10 000 fr. le 1er janvier 1990. Si l’on
tient compte des taux d’intérêt moyens et des indices boursiers des dix dernières années, celle qui les avait
déposés sur un compte d’épargne disposait de 13 800 fr. au 31 décembre 1999. Celle qui avait acheté pour 10 000 fr. d’obligations s’est retrouvée avec 17 600 fr. Alors que celle qui avait acquis pour 10 000 fr. d’actions a touché le jackpot: 30 000 fr.
Mais sur une courte période de six mois, par exemple entre mai et novembre 1998, les personnes qui avaient placé leur argent sur un compte d’épargne ou dans des obligations voyaient leur gain légèrement augmenter, alors que celles qui avaient tout misé sur les actions perdaient jusqu’à 20% de leur capital!
Patrick Didisheim

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